Maroc: l’évasion d’un baron de la drogue fait tomber des sécuritaires

Charif Laarousi, baron de la drogue, a pu s’évader d’une façon rocambolesque de l’hôpital Ibn Sina de Rabat où il recevait des soins et a été interpellé à Tanger, en compagnie de son épouse. Le procureur général près la Cour d’appel de la capitale a confié l’enquête sur cette affaire d’évasion à la police judiciaire, rapporte le quotidien Assabah.

Un détenu qui est parvenu à s’échapper de l’hôpital sur une chaise roulante, avec la complicité d’individus déguisés en policiers et en gardiens de prison, puis qui disparaît dans la nature à bord d’une voiture, donne à réfléchir. Ce que les limiers de la police judiciaire n’ont pas manqué de faire pour découvrir le pot aux roses. Ainsi, l’enquête a révélé que des uniformes que portaient les complices du trafiquant appartiennent à des gardiens de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR). De même qu’un agent de sécurité, qui était en train de faire sa prière du matin, a pu apercevoir Charif Laaroussi sortir de l’hôpital sur une chaise roulante, avant que ses complices, en un tournemain, ne le débarrassent de ses menottes.

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) n’a pas tardé à  procéder à la mise à pied de deux agents qui étaient chargés de la surveillance du détenu, ainsi que de celle du chef de la brigade qui a en charge  la surveillance des prisonniers hospitalisés. Le gel des salaires des trois a été décidé , dans l’attente des résultats de l’enquête les concernant. De même que le parquer général a ordonné  la consultation des documents par lesquels le médecin de l’établissement pénitentiaire a décidé de l’hospitalisation du baron de la drogue. Le praticien qui a prolongé le séjour du détenu à l’hôpital est également entendu, surtout qu’il semblerait que  Laaroussi simulait sa pseudo-maladie et faisait semblant de ne pouvoir se tenir debout.

Etant donné que cette évasion est la deuxième du nom du détenu, la première ayant eu lieu il y a 15 ans de cela, avec un autre trafiquant, lors de leur transfert d’une prison de Marrakech à celle de Béni Mellal, révèlent des sources du journal  Des inconnus avaient alors intercepté près d’un pont le véhicule  transportant les deux détenus qui sont parvenus à prendre la poudre d’escampette. Et alors que Laaroussi a été  retrouvé et interpellé en 2006, son complice est toujours dans la nature depuis cette évasion.

Toutes ces données étant  connues et, après l’évasion rocambolesque de l’hôpital Ibn Sina de Rabat, il est attendu que d’autres sécuritaires soient dans le collimateur des enquêteurs et risquent gros au cas où leur implication s’avérerait.

Larbi Alaoui


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