Maroc: les réfugiés ont-ils respecté le confinement ? (HCP)

Presque tous les réfugiés (99,3%) ont respecté les mesures de confinement sanitaire, avec un respect total pour 90,4% et partiel pour 8,9%, contre 79% et 21% respectivement pour les ménages marocains, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Par ailleurs, sept ménages réfugiés sur 10 (70,3%), se sont confinés depuis l’adoption de l’état d’urgence sanitaire au Maroc et 23,3% depuis la date de fermeture des écoles, précise le HCP dans une enquête sur « l’impact de Covid-19 sur la situation socioéconomique et psychologique des réfugiés au Maroc », réalisée en partenariat avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).

L’enquête révèle également que les personnes qui sortaient du domicile pendant le confinement sanitaire étaient le chef du ménage pour 74,1% des cas, les membres âgés de 25 à 59 ans (10,7%), les jeunes de 18 à 24 ans (7%) et le conjoint du chef du ménage (5,2%).

S’approvisionner en produits de consommation de base est la première raison de sortie du domicile avec 97,6%, souligne la même source, notant que loin derrière, d’autres considérations ont été évoquées, dont la nécessité de régler des affaires personnelles et administratives (15,9%), de satisfaire les besoins sportifs et récréatifs (11,2%), d’accéder aux soins médicaux (10%) et d’aller au travail (9,4%).

S’agissant des symptômes de Covid-19 les plus connus par les réfugiés, la fièvre figure en premier lieu avec 92,4%, suivie de la toux sèche (77,5%), les difficultés respiratoires (62,4%) et la fatigue (37%), alors que seuls 3,9% des réfugiés n’ont aucune connaissance de ces symptômes.

Les réfugiés au Maroc ont appliqué unanimement (99,7%) les principaux gestes barrières contre la Covid-19, selon l’enquête, ajoutant que les mesures prises dans ce sens consistent à se laver les mains régulièrement avec du savon pour 93,5% des ménages, porter des masques ou des bavettes (78,3%), désinfecter les mains régulièrement et sortir moins fréquemment (57%), désinfecter régulièrement les surfaces et les objets susceptibles d’être infectés (42,2%), respecter les règles de distanciation sociale (40,9%), éviter les poignées de main et les salutations physiques (32,6%), contourner les points de vente (32,6%) et porter des gants (10,5%).

L’enquête fait également ressortir que deux ménages réfugiés sur 3 (66,3% contre 83% pour les ménages marocains) étaient au courant des différents numéros verts mis à la disposition de la population par les autorités sanitaires marocaines en cas de suspicion de symptômes de la pandémie.

Cette proportion est plus élevée parmi les réfugiés issus de pays arabes que ceux des pays africains et passe de 85,8% parmi les Yéménites et de 73,1% parmi les Syriens à 43,6% parmi les Ivoiriens et 42,2% parmi les ressortissants du Soudan du Sud.

Contrairement aux ménages marocains qui recourent principalement à la radio et à la télévision nationales pour s’enquérir des informations sur l’évolution de la pandémie, avec une part de 87%, les réfugiés s’adressent en premier lieu aux réseaux sociaux (42,1%), à la radio et à la télévision nationales en second lieu (37,4%) et, enfin, à la presse électronique (11,2%). D’autres supports sont utilisés, dans une moindre mesure, dont le site du Ministère de la Santé (4,2%) et la famille ou amis (2,9%).

Par ailleurs, environ 2 chefs de ménage réfugiés sur 3 (62,3%) envisagent de rester chez eux et d’appeler les numéros de téléphone mis en place par les autorités sanitaires en cas d’apparition de signes suspects de la pandémie de Covid-19, un sur quatre (25,7%) de se rendre à une unité hospitalière, et 3,3% de recourir à l’assistance des proches.

Menée du 2 au 8 juin 2020, l’enquête sur « l’impact de Covid-19 sur la situation socioéconomique et psychologique des réfugiés au Maroc », a pour objectif d’évaluer l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la situation économique, sociale et psychologique de cette population.

S.L.

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