Maroc : les navets télévisuels coupent l’appétit des Marocains

Par Larbi Alaoui
Cela fait des lustres que les téléspectateurs marocains boudent les pseudos sit-com, les caméras cachées truquées et, surtout, les séries comiques qui ne font rire personne, au menu de nos chaînes nationales à la rupture du jeûne.
Un “coupe-appétit” tellement efficace qui ne lui manque que d’être pris en charge et remboursé à 100% par la CNOPS, la CNSS, ainsi que par tous les organismes de prévoyance sociale du Royaume!
Cette année encore, rebelote! Les téléspectateurs, encore fidèles à la télévision marocaine, sont déçus par ce qu’on leur sert comme mièvreries ramadanesques et idioties se prétendant oeuvres artistiques.

Ceci, alors que ces calamités télévisuelles, surnommées par les Marocains “lahmouda” (acidité), “labsala” (bêtise) et “ni beauté, ni venue tôt” (traduction littérale d’un proverbe du cru), font rire jaune et donnent la migraine, en sus des maux de tête de la journée. A se demander si elles parviennent au moins à arracher un rire, voire un sourire, à ceux qui les ont commises (scénaristes, metteurs en scène, interprètes, etc) ou si ces messieurs-dames savent pertinemment qu’ils se paient la tête du pauvre téléspectateur marocain!
Il est donc normal que la Toile fustige ce mauvais goût et cet amateurisme criard. Et les internautes ne se sont pas fait prier pour jeter l’opprobre sur ce manque de professionnalisme et d’imagination… en un mot comme en mille, ce manque total de talent, enfantant chaque Ramadan que Dieu fait, des navets et des fours insipides et indigestes.
Ces critiques acerbes sont dénoncées par de nombreux artistes ou personnalités, dont Mohamed Choubi qui sur sa page officielle Facebook, a exprimé son aversion pour lesdits programmes.
Pendant ce temps, les chaînes nationales font la sourde oreille et ferment les yeux sur les doléances des téléspectateurs encore fidèles, alors que d’autres nombreux citoyens ont préféré “émigrer” vers d’autres chaînes satellitaires arabes ou occidentales. Ainsi, la chaîne de Ain Sebaa persite et signe en s’accrochant bec et ongles à “Mchiti fiha”(que l’on peut traduire par “On t’a eu”, -pour rester poli en ce jour de jeûne-). Un titre d’émission bien à propos, car ce “t” qui a été eu n’est pas la personne piégée, mais bel et bien le téléspectateur qui aurait mieux de demander d’aller voir ailleurs s’il y est!
Cette soi-disant “caméra cachée” sévit impunément depuis trois ans déjà, au grand désespoir des téléspectateurs qui ont fini par découvrir le pot aux roses. Scènes truquées, participants au courant du scénario et payés pour en être complices, de l’avis même d’artistes (acteurs, chanteurs, entre autres), ayant participé à la farce, dont le spectateur est le dindon, et ayant juré leurs grands dieux qu’on ne les y reprendra plus jamais!
De son côté, se joignant à la cohorte des détracteurs des émissions ramadanesques de nos chaînes nationales, Youness Dafkir soutient que le spectacle télévisuel marocain est en deça du niveau minimum de ce qui se fait ailleurs. “Et si la production télévisuelle d’un pays peut être considérée comme l’un des indicateurs des différences civilisationnelles entre les peuples, je ne crois pas que nous ayons les moyens, non pas de rivaliser avec les Egyptiens, mais même” d’oser y penser”, regrette et assène le journaliste.
Qu’il soit rassuré que son avis est partagé par presque tous les Marocains! Il suffit uniquement que la Vieille Dame de la rue Brihi de la capitale, ainsi que sa cadette de la chaîne de Ain Sebaa, plus particulièrement, ouvrent grand leurs mirettes et leurs oreilles, en prennent de la graine et que toutes ces critiques leur servent de leçon.
“Qui aime bien, châtie bien”, bien sûr! Mais en souhaitant une “rédemption” des mises en cause qui devraient promettre de ne plus, plus jamais récidiver. Sous peine d’être encore mises à l’index, voire répudiées sans espoir de retour.
L.A.

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