Maroc: les « mangeurs de Ramadan » doivent-ils être sanctionnés? (Sondage)

photo d'archives ©DR

L’article 222 du Code pénal est contesté par les « déjeûneurs » qui, au nom des libertés individuelles, veulent avoir le droit de ne pas jeûner dans l’espace public. En revanche, une grande majorité des Marocains approuve les sanctions pénales prévues par ledit article contre ceux que la vox populi nomme « Ouakaline ramdane » (mangeurs de Ramadan).

A rappeler que les « déjeûneurs » sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à six mois de prison ferme. A rappeler également qu’une frange des citoyens faisant partie de la majorité silencieuse, qu’aucun sondage ne cite, pense que les « déjeûneurs » sont libres de faire ce qu’ils veulent chez eux mais sont tenus de respecter l’espace public. Et ce, en conformité avec le principe citoyen de « la liberté des uns s’arrête là ou commence celle d’autrui ». Mais que pense la presque majorité des Marocains. Sanctions ou pas? Tolérance zéro ou fermeté à tous azimuts?

Le quotidien L’Economiste du mercredi 6 juin a publié les conclusions d’un sondage réalisé par le cabinet privé Sunergia. Il en ressort que les « déjeûneurs » ne sont pas en odeur de sainteté chez les deux tiers des Marocains qui estiment que leur non respect du jeûne doit être sévèrement sanctionné.

Le sondage a été fait par téléphone et a ciblé 1000 personnes constituant « un échantillon représentatif de la population marocaine ». Et si 62% sont favorables à des sanctions contre les « mangeurs de Ramadan », 22% sont contre. Alors que 7% se sont dit « indécis » et 3% ne se sont pas prononcés sur la question.

L’enquête révèle que ce sont les hommes de 45 à 54 ans, originaires du monde rural, qui sont les plus hostiles aux « mangeurs de Ramadan ». Les Marocaines, elles, sont plus tolérantes, « moins catégoriques » sur la question, selon le sondage..

Fermeté ou tolérance dépendent aussi des régions du Royaume, selon le sondage. Ainsi, les Marocains au nord et au nord-est du pays sont pour l’application stricte des sanctions à l’encontre des « déjeûneurs ». En revanche, ceux des provinces sud du Royaume expriment une sorte de clémence vis-à-vis des gens qui mangent et boivent pendant Ramadan.

Larbi Alaoui

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