Maroc : Le couvre-feu nocturne bientôt levé ?

Le couvre-feu nocturne de 23 heures à 5 heures passe mal. Plusieurs secteurs directement impactés par la crise espèrent un retour à la normale et une levée totale du couvre-feu. Tour d’horizon.

Professionnels du tourisme, de l’événementiel, du sport, PME-TPE…Tous le répètent en chœur : «C’est insuffisant !». Voilà les mots qui sont revenus le plus souvent dans la bouche des professionnels, chefs d’entreprises, d’associations et de fédérations, suite à la décision d’allègement des restrictions sanitaires. Dans une déclaration commune, les professionnels du secteur touristique  de Marrakech, Safi, Essaouira… affichent leur déception après l’annonce de l’allègement des restrictions liées à la Covid-19.

Plusieurs raisons sont évoquées. La première est que la plupart des pays, ou destinations touristiques, ont complètement levé les restrictions et n’exigent le pass vaccinal qu’à l’arrivée des frontières. Deuxième point, nos concurrents dans la région, notamment le Portugal, l’Espagne, la Grèce et la Turquie, «ont anticipé, en communiquant sur leur volonté d’accueillir des touristes dans les meilleures conditions et aujourd’hui, ils se sont bien positionnés pour rafler les parts de marché des destinations encore frileuses», expliquent les dirigeants de l’Association régionale de l’industrie hôtelière de Marrakech-Safi.

Résultat: ceux-ci affichent des records historiques sur les quatre derniers mois alors que le Maroc court le risque de disparaître des radars. Le troisième et dernier point, qui inquiète les professionnels, c’est que le Maroc est en train de rater le train d’une reprise exceptionnelle du tourisme mondial. Le Maroc passe à côté d’une conjoncture favorable pour récupérer du business, au lieu d’imposer des restrictions non justifiées, surtout que la situation sanitaire s’est beaucoup améliorée.

Notre campagne de vaccination est très avancée. Pourquoi faire croire à tout le monde que notre pays est toujours dans une situation alarmante ?», interroge Abdellatif Abouricha, consultant et coordinateur en communication touristique au Conseil régional du tourisme de Marrakech. «Nous sommes dépassés financièrement et psychologiquement. Cette crise sanitaire va laisser   longtemps des traces», renchérit Imane Rmili, de l’Association des restaurateurs de Marrakech (ARM), appelant à sauver les restaurateurs, considérés comme un sous-secteur du tourisme, alors qu’ils contribuent pleinement aux emplois et à la vie sociale de la ville de Marrakech

Espagne et Portugal prennent une longueur d’avance
C’est la fin du pass sanitaire dans les restaurants et les hôtels au Portugal. Vendredi 1er octobre , les autorités portugaises ont décidé de mettre fin à l’exigence du pass sanitaire dans les restaurants et les hôtels et d’autoriser la réouverture des discothèques… Une annonce décisive pour le secteur touristique de ces concurrents du Maroc !

Le Portugal, champion de la vaccination contre la Covid-19, enclenche donc, depuis vendredi dernier, la troisième et dernière étape de son déconfinement. Suite à la levée de ces importantes restrictions sanitaires, les opérateurs marocains s’exclament : «pourquoi eux et pas nous !», «comment peut-on être compétitif avec toutes ces mesures drastiques imposées aux visiteurs : PCR, vaccin, couvre-feu, etc. ? Personne ne va choisir de visiter un pays où il y a de telles contraintes, alors que d’autres destinations sont complètement ouvertes», fulminent les professionnels du secteur touristique des villes concernées.

Le sport, un gros point noir ! 
Le secteur de l’évènementiel, en général, est dans le rouge. Du côté de la Fédération des sports, on a accueilli cette décision avec beaucoup de satisfaction. «C’était une demande que nous avons faite très vite, au moment de la fermeture des salles. Donc, la réponse a été assez réactive. C’est une bonne nouvelle venant du nouveau gouvernement. Cela permettra aux salles de reprendre leurs activités rapidement et aux clients d’y retourner. Cela dit, il y a des points hyper-importants sur lesquels nous n’avons pas encore de retour assez précis et vis-à-vis desquels le gouvernement devra très vite réagir. Il est question de l’événementiel sportif, qui est aujourd’hui le gros point noir de notre secteur», réagit Mehdi Sekkouri, président de la Fédération marocaine des professionnels du sport (FMPS). Depuis un an et demi, les activités relatives à l’événementiel sportif sont complètement à l’arrêt. Les opérateurs demandent donc plus de visibilité.

Que dit le communiqué sur le sujet ? «Les événements de moins de 50 personnes, intérieur et extérieur, sont permis. Mais au-delà de 50 personnes, il faut obtenir les autorisations des autorités». «Par rapport à cela, on s’attendait à quelque chose de mieux», nous dit Sekkouri.

Les TPE-PME soulagées mais les chiffres semblent ne pas refléter la réalité
«Nous sommes plutôt soulagés de ces décisions, mais elles sont très en deçà de nos attentes. Nous demandons au gouvernement un plan d’urgence pour sauver les TPE-PME et auto-entrepreneurs menacés de faillites. Chaque jour qui passe, des dizaines, voire des centaines de TPE-PME et auto-entrepreneurs mettent les clés sous le paillasson», réagit Abdellah El Fergui, président de la Confédération marocaine des TPE-PME, qui n’a pas manqué de tirer à boulets rouges sur l’observatoire des TPME. «Les derniers chiffres publiés par cet observatoire ne reflètent pas la réalité, car la situation est pire. Il n’a pas le courage de les publier». Et d’ajouter : «Au niveau de la Confédération marocaine des TPE-PME, une étude sur les effets de la Covid-19 est en cours. Dès qu’elle sera terminée, nous publierons les vrais chiffres».

Selon nos informations, si la situation continue de s’améliorer et si la campagne de vaccination avance toujours aussi bien, les mesures sanitaires pourraient être de nouveau allégées. Et le couvre-feu pourrait bien être levé.

Modeste Kouamé (avec Le Site info)


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