Maroc-Espagne: l’opération Marhaba aura-t-elle lieu ?

Les ports espagnols concernés par l’opération Marhaba sont en effervescence. Dès que des informations portant sur une probable organisation de cette méga-opération de traversée ont filtré, les médias espagnols ont aussitôt réagi. La presse ibérique y voit, en effet, une potentielle piste pour la reprise de l’activité aux frontières après une longue mise à l’arrêt qui remonte à mars 2020. Toutefois, rien n’est encore officiel pour le moment. Il s’agit de spéculations inspirées d’une communication adressée par la Direction de la marine marchande (DMM) espagnole aux compagnies maritimes opérant entre les deux rives.

Cette autorité aurait sollicité le plan de flotte des compagnies maritimes opérant entre les deux rives, et ce, dans le cadre des préparatifs de la prochaine édition de cet important mouvement de voyageurs. La jubilation est à son pic dans les enclaves de Sebta et Mélilia. L’enjeu est, en effet, de taille pour les présides car une reprise des connexions maritimes entre le Maroc et l’Espagne signifierait la réouverture des postes frontières, une mesure impatiemment attendue pour donner un coup de boost à l’économie de ces villes.

Contacté par Les Inspirations ÉCO, un porte-parole de l’Autorité portuaire de la Baie d’Algésiras (APBA), l’administration qui gère les ports d’Algésiras et de Tarifa, indique que jusqu’à présent, aucune confirmation de l’organisation de cette opération n’est encore parvenue à leurs soins. «Toutefois, nous menons les préparatifs comme chaque année, car nous ne voulons pas être pris au dépourvu au cas où la décision viendrait à tomber au dernier moment», indique notre interlocuteur. Y aura-t-il des mesures exceptionnelles pour accueillir les voyageurs, si l’opération Marhaba est effectivement ouverte ? Selon l’APBA, les mesures et exigences sanitaires seront dictées par l’administration compétente. En somme, rien n’est à écarter, pour le moment. Il n’en demeure pas moins que le mastodonte andalou est rompu à ce genre d’exercices. Soulignons-le, cet établissement portuaire était le seul à accueillir les opérations de rapatriement par voie maritime, depuis la fermeture des frontières. Selon la presse sebtie, le port d’Algésiras a effectué quelques travaux de réaménagement pour pouvoir recevoir les flux des véhicules des Marocains désirant rejoindre leur patrie.

À ce titre, le port a débloqué une enveloppe budgétaire de 695.000 euros pour mener à bien ce chantier. Les améliorations touchent les conditions d’accueil des automobilistes de cette zone de pré-embarquement. En cas d’organisation de cette importante opération de transit, les arrivées pourraient pulvériser tous les records. En effet, il faut s’attendre à un rush sans précédent cette année, au cas où le Maroc prend finalement la décision d’autoriser le retour de sa diapora. En 2019, faut-il le rappeler, 3 millions de voyageurs avaient emprunté le Détroit pour se rendre au royaume. A priori, les choses devraient s’éclaircir début mai prochain, période durant laquelle la commission mixte maroco-espagnole en charge de ce dossier se réunit pour établir un plan de travail conjoint. De plus, alors que l’opération constitue un défi en soi, les contraintes liées à la situation sanitaires exigeraient la mise en place d’un plan de choc pour éviter tout dérapage. Selon notre lecture, seules les véhicules disposant d’une réservation effectuée par avance, peuvent accéder à la zone d’embarquement. Cette disposition a été déjà appliquée, dans une moindre mesure au port de Tarifa, pour les week-ends, afin d’éviter les mouvements de foule dans cet établissement portuaire de taille modeste. En somme, l’événement n’est pas un challenge insurmontable. Les opérations de rapatriement ont démontré qu’il est possible de gérer ce genre de situation.

Du côté marocain, les autorités marocaines ont fait preuve d’un grand sens d’organisation et de mobilisation. Or, à l’arrivée, il était décevant de constater qu’à peine deux guichets de contrôle douanier étaient opérationnels du côté espagnol, pour autoriser l’accès à 735 passagers. À présent, tout dépendra de l’état d’avancement de la campagne de vaccination au Maroc, tributaire aussi des arrivées des lots de vaccins ainsi que de l’évolution de la situation épidémiologique en Europe.

Amal Baba Ali / (avec Les Inspirations Éco)

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