Ce que l’on sait sur la vidéo de Zefzafi qui a provoqué un tollé

Le procès en instruction de l’icône du Hirak s’est ouvert lundi devant la Cour d’appel de Casablanca. Pendant que tous les médias avaient les yeux rivés sur ce procès et qu’une récente lettre attribuée attribuée à Nasser Zefzafi a provoqué une grande polémique, un autre scandale a éclaté ce jour même.

C’est un média réputé pour puiser ses sources chez les services de sécurité qui est à l’origine du « scoop ». Dans la vidéo, on peut voir Nasser Zefzafi qui exhibe des parties de son corps, dans l’objectif de prouver qu’il n’a pas été torturé. Le média, dont le timing n’est pas anodin, a affirmé que la vidéo a été prise à Oukacha, lieu de détention de Zefzafi depuis plus d’un mois. Associations, avocats et journalistes ont rapidement dénoncé le contenu « scandaleux » de cette vidéo qui « porte atteinte à l’intégrité » d’un détenu du Hirak.

Quelques heures après sa diffusion, la vidéo et le contenu rédactionnel de l’article ont été supprimés. Interrogé par les médias, l’ex-juge Mohamed El Hini a violemment condamné le contenu de la vidéo, notant qu’elle ne rendait pas service à Nasser Zefzafi et ses acolytes.

Même son de cloche chez Naima El Gallaf, avocate des détenus du Hirak. « Cette vidéo rappelle ce qu’on a pu voir à Abou Ghraib et donne une très mauvaise image de notre pays ». Le militant Salah Ouadie à pour sa part demandé une enquête sur l’auteur de la vidéo.
La Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) a ensuite affirmé dans la soirée que « la vidéo n’a pas été enregistrée à Oukacha ».

Après avoir visualisé la vidéo publiée sur les réseaux sociaux, la direction générale a précisé que le détenu Nasser Zefzafi n’a jamais porté les vêtements apparus sur la vidéo, depuis qu’il a été placé à l’établissement pénitentiaire jusqu’à maintenant.

« Les caractéristiques matérielles du lieu où la vidéo a été enregistrée ne figurent dans aucune des salles de la prison locale Ain Sebaa 1 », a insisté la même source.

A partir de ces considérations, la DGAPR a affirmé que « cette vidéo n’a pas été enregistrée dans cet établissement pénitentiaire, en condamnant la promotion, sur des sites payés par des parties prétendant la défense des droits de l’Homme, de l’idée que la vidéo a fait l’objet d’une fuite au sein de l’établissement ». Une version des faits que les avocats du Hirak du Rif ont approuvé, notant que les traces qui apparaissent sous les yeux de Zefzafi ne datent pas d’hier.

De son côté, le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca a ordonné l’ouverture d’une enquête pour élucider les circonstances de l’enregistrement de la vidéo,
« Immédiatement après avoir pris connaissance ce lundi de la vidéo, le parquet général a ordonné l’ouverture d’une enquête minutieuse pour élucider les circonstances de l’enregistrement de cette vidéo et la finalité de sa publication, afin de prendre les mesures légales nécessaires à la lumière des résultats de l’enquête », assure un communiqué relayé par la MAP. L’affaire ne fait que commencer.
Abbas Lamnawar


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