Les détails de la communication téléphonique pour laquelle Hamid Mahdaoui est poursuivi

Hamid Mahdaoui, directeur du site Badil.info, a passé cinq heures, mercredi dernier, devant le juge d’instruction à la cour d’appel de Casablanca. Il a été interrogé sur l’accusation formulée à son encontre par le Procureur général du Roi près la même cour: « ne pas avoir dénoncé un crime portant atteinte à la la sûreté de l’Etat ».
Le juge d’instruction a confronté le journaliste avec la transcription de conversations téléphoniques entre Mahdaoui et un Marocain résident en Hollande.
Selon Akhbar Al Yaoum, des appels téléphoniques ont eu lieu les 27 et 28 mai dernier. On y apprend que le Marocain qui s’appelle Noureddine a menacé de faire introduire des armes au Maroc et d’enflammer la situation grâce à l’argent généré par une chaîne de « coffee shop » qu’il possède.
D’après les sources du quotidien, Mahdaoui a informé le juge qu’en sa qualité de journaliste, il cherchait simplement à réaliser un scoop, raison pour laquelle il s’est entretenu avec Noureddine. Il a précisé au juge qu’il avait relevé des contradictions dans les paroles de son interlocuteur et un « enthousiasme étrange ». Un doute l’a habité pensant qu’il avait à faire à un indicateur de la police. Doute qui l’a amené à prendre des précautions dans ses conversations.
Lors de la deuxième conversation téléphonique entre les deux hommes, Noureddine insiste sur le maintien de l’option pacifique des protestations du Hirak. Il demande également à Mahdaoui de faire parvenir son message. Changement de ton qui n’a fait qu’accentuer les doutes de Mahdaoui. Ce dernier n’a plus répondu aux appels jugeant que son interlocuteur n’était pas sérieux, affirme la source d’Al Akhbar.

Celui-ci ajoute qu’un long dialogue s’est déroulé entre le juge et Mahdaoui. Le journaliste a nié être instrumentalisé par certaines parties cherchant à porter atteinte à la sûreté de l’Etat et a déclaré au juge : « J’étais un opposant farouche du régime du temps où j’étais étudiant à l’université, mais aujourd’hui je suis convaincu que la monarchie est un socle de sécurité et de stabilité pour le pays. Je suis monarchiste et patriote. Je contribue à la prospérité de mon pays. Néanmoins, je m’opposerai toujours à la corruption et aux corrompus ».
La corruption et les corrompus ont été au centre de la troisième conversation téléphonique entre Mahdaoui et Noureddine. Ce dernier a cité au cours de cette conversation plusieurs personnalités politiques les qualifiant de « source de la corruption et de son parrainage ». Il a également insulté nombre de ministres et critiqué le gouvernement Benkirane et les autres gouvernements, les accusant d’être à l’origine de la propagation de la corruption.
Mahdaoui a manifesté son étonnement d’être jugé pour des accusations « irrationnelles ». Le juge d’instruction lui aurait répondu: « Je ne juge pas. Je mène seulement une enquête et un interrogatoire à la demande du Procureur général et c’est à la cour de juger ».
Par ailleurs, la source d’Al Akhbar a révélé qu’un mandat d’arrêt international a été émis à l’encontre de Noureddine et que les autorités marocaines sont à sa recherche pour le ramener au Maroc et le confronter avec Mahdaoui.

Pour rappel, le tribunal de première instance d’Al Hoceima avait condamné mardi 25 juillet Hamid El Mahdaoui à trois mois de prison ferme et 20.000 dirhams d’amende.

Hamid Al Mahdaoui avait été arrêté par les autorités la semaine dernière à Al Hoceima. Les autorités lui reprochaient d’avoir « perpétré des actes illégaux, consistant essentiellement à inciter des individus à commettre des délits par des discours et des cris dans des lieux publics, les inviter à participer à une manifestation interdite et à contribuer à son organisationé.

N.B.


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