Les déjeûneurs du Ramadan font déjà polémique au Maroc

Ce mardi 7 mai, premier jour du mois sacré de Ramadan au Maroc, une page Facebook s’appelant « Masayminch »(Nous n’allons pas jeûner) lance une campagne anti-jeûne, sous le nom de « 9offat al molhid » (le couffin de l’athée).
La page en question, qui compte plus de 5000 abonnés, invite tous les Marocains à confédérer les principes humanitaires et le droit de ne pas faire le Ramadan.
« Masayminch » fixe également un rendez-vous aux personnes désirant participer à son mouvement et/ou à celles qui désirent faire des dons au profit de « 9offat al moulhid ». Ce sera dimanche prochain, à 10 heures, place des Nations Unies à Casablanca, d’après ceux qui se cachent derrière cette page.

Sur la page Facebook du mouvement, une photo est publiée représentant une boite de conserves avec l’image d’un morceaux de poulet. Un yaourt et un biscuit très connus sont aussi représentés et une légende se voulant humoristique, invite les fabricants de ces produits alimentaires à y ajouter un goût de poulet. Ceci, en allusion à la décision de « Masayminch » de manger en public en plein mois de jeûne…Plaisanterie ou pas, la page a été prise au sérieux par de nombreux internautes et a provoqué une mini-polémique.

A rappeler que le mouvement « Masayminch » a été créé en 2012 par le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles, dont l’acronyme MALI fait référence à l’expression en darija « Qu’est-ce que j’ai? ». Son objectif est l’abrogation l’article 222 du Code pénal qui punit les « déjeûneurs » en public. Ces derniers sont passibles de peines de prison ferme, allant d’un mois à six, et d’une amende de 12 à 120 DH.
Les adeptes de « Masayminch » sont donc pour la dépénalisation concernant les personnes qui veulent manger en public pendant le Ramadan, invoquant ainsi la liberté individuelle de tout un chacun. Les Marocains qui jeûnent, eux, sont répartis en deux groupes distincts dont chacun a son avis tranché sur les « déjeûneurs ».
Le groupe le plus tolérant, dont font même partie certains religieux, comprend que des concitoyens, pour une raison ou une autre, ne veulent pas jeûner. Mais il leur est conseillé de le faire chez eux, en toute discrétion, par respect pour les jeûneurs car « la liberté des uns, s’arrête là où commence celle des autres ».
Le second groupe, sans doute comptant le plus de Marocains, toutes classes confondues, est catégorique et condamne sévèrement les « contrevenants ». Aussi incrimine-t-il les adeptes de « Masayminch », les traitant d’athées provocateurs et irrespectueux des valeurs religieuses du Royaume. Et il y a parmi ce groupe ceux qui se disent seulement « choqués » de voir quelqu’un manger, boire ou fumer en public pendant le Ramadan,-ne parlons pas d’un couple flirtant près de la côte ou dans un jardin public-. D’autres sont capables de commettre l’irréparable à l’encontre du « déjeûneur » », au nom de la défense de l’un des cinq piliers de l’islam qu’est le jeûne du mois de Ramadan.
Larbi Alaoui


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