L’opération Zero Mika: un grand fiasco ?

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Zero Mika a été certainement l’une des opérations les plus marquantes jamais effectuées au Maroc. Après quelques semaines de l’interdiction des sacs en plastique, ce qui devait être un support à la stratégie d’un Maroc écologique commence à battre de l’aile. 

Ce qui devait être l’opération écologique du siècle au Maroc s’est finalement transformé en une véritable opportunité de trafic. En effet, malgré l’interdiction, les sacs en plastique n’ont pas encore complètement disparu. Il existe encore des usines informelles, situées à Casablanca ou dans le nord, qui en produisent encore. A cela s’ajoutent d’autres stocks qui n’ont pas encore été écoulés et qui circulent toujours dans les marchés noirs des villes marocaines.

Dans les marchés de Casablanca, les citoyens ne se sont toujours pas habitués à cette séparation qu’ils considèrent dramatique. La plupart voient en l’opération Zero Mika une stratégie qui ne sert qu’à redorer l’image du pays à l’approche de la COP 22 et qui ne leur est pas spécialement utile. Face à la sévérité des sanctions, quelques marchands ont décidé de défier la loi et continuent à vendre des sacs en plastique, qui plus est au double de leur prix.

Pour le consommateur moyen, la vente des sacs en plastique au noir, qui coûtent entre 50 centimes et 1 dirham pièce, est une vraie aubaine. Le prix des couffins, des sacs en tissu ou en papier, alternatives écologiques, a doublé face à la hausse de leur cote de popularité soudaine.

Pour l’heure, la flambée des prix n’arrête pas. Le syndicat national des professionnels et des commerçants (SNPC) affirme que les prix du papier sont passés de 7 à 11 dirhams le kilo. Le papier glacé se vend à 11 dirhams au lieu des 6 dirhams habituels.

La crise touche aussi un autre aspect de la vie quotidienne des Marocains, celle des déchets. La majorité utilisait les sacs en plastique pour emballer leurs ordures, mais face à leur rareté ou leur cherté, la plupart décident de jeter directement leurs détritus dans le bac à ordures.

L’apparition de la loi 77-15 sur l’interdiction de la vente et de la distribution des sacs en plastique n’a pas empêché la création de nouveaux métiers que se sont appropriés quelques diplômés chômeurs en guise de gagne-pain.  Actuellement, ils sont devenus de véritables spécialistes dans la vente des sacs en plastique sur les marchés où les clients recherchent un support pour leurs provisions.

Malgré l’interdiction, peut-être trop violente et hâtive, il existe toujours des magasins qui distribuent un genre de sacs en plastique qu’ils disent autorisés. Tout porte à croire que les objectifs et les résultats attendus par l’opération Zero Mika ne porteront pas leurs fruits dans l’immédiat.

M. D.

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