Le mariage des mineures, un phénomène hors-la-loi récurrent au Maroc

Dans son préambule, le Code de la famille, la Moudawana, entré en vigueur le 5 février 2004, est on ne peut plus catégorique au sujet des mariages des mineur(e)s. Il y est bel et bien stipulé que l’âge minimum légal du mariage passe de 15 à 18 ans. Pourtant, faisant fi de la Moudawana, des juges continuent à marier des jeunes filles mineures. Ceci, prétendent-ils, pour les protéger du mariage coutumier ayant recours à la simple lecture de la sourate du Saint Coran, la « Fatiha ». Car celle-ci ne leur garantit aucun des droits dus par la loi aux épouses légitimes.

En tout cas, c’est ce que l’Association « Voix de la femme amazighe » affirme dans une étude sur cette question que d’aucuns n’hésitent pas à comparer à une… « pédophilie légalisée ». Selon ladite étude, ce sont les jugements refusant le mariage des mineures qui poussent certains parents à recourir à la « Fatiha » pour caser leurs filles et, inconsciemment sans doute, compromettre leur avenir de femmes et, plus tard, de mères ».

Le diagnostic de ce phénomène récurrent, dont les résultats ont été récemment publiés, entre législation, jurisprudences et pratiques ancestrales désuètes, concerne les cas de jeunes filles de la province d’Azilal, ville et chef-lieu de la région Béni Mellal-Khénifra. Toutefois, cette manière parentale de contourner la loi et de violer, sciemment ou non, les dispositions du Code de la famille concernant le mariage des jeunes filles mineures, est vivace dans moult régions du Maroc.

D’après les dernières statistiques relevées par les associations, il y aurait eu 40 000 mariages de mineures, rien qu’en 2016.

Larbi Alaoui


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