Une grande artère de Tanger portera le nom de Abderrahman El Youssoufi

Ex-premier ministre et militant de la première heure au sein du mouvement national, Abderrahman El Youssoufi sera honoré par le roi. Désormais, l’avenue Assalam de Tanger portera son nom.

En marge des festivités royales commémorant le 17e anniversaire de l’intronisation du souverain, la ville de Tanger se prépare à vivre un événement exceptionnel. En effet, les travaux d’embellissement de l’avenue Assalam se poursuivent à un rythme soutenu, puisque le roi devrait, en principe, procéder à sa nouvelle appellation.

A cette occasion, Mohammed VI compte rendre hommage à l’ex-premier ministre Abderrahman El Youssoufi en donnant son nom à cette importante artère de la ville du détroit.

Natif de Tanger en 1924, Aberrahman El Youssoufi adhère à l’âge de dix-neuf ans au parti de l’Istiqlal. Il se préoccupe particulièrement de la classe ouvrière à Casablanca (1944-1949). Il séjourne de 1949 à 1952 en France où il obtient un DES de droit et de sciences politiques.

Il rentre à Tanger où il devient avocat de sa juridiction de 1952 à1960 et bâtonnier de l’ordre des avocats de cette même juridiction en 1959. Il poursuit également son activité politique à l’aile gauche de l’Istiqlal. Après la destitution de Mohammed V en 1953, il participe à l’organisation et à la direction du mouvement de résistance et de l’armée de libération.

Avec Mehdi Ben Barka, Mohamed Basri, Mahjoub Ben Seddik, Abderrahim Bouabid et Abdallah Ibrahim, il quitte l’Istiqlal pour créer l’Union nationale des forces populaires (UNFP), plus à gauche, le 6 septembre 1959. Il en préside le congrès constitutif. Aux côtés de Ben Barka, il devient un des principaux opposants au régime.

Après l’assassinat de Ben Barka en 1965, il s’exile en France pour participer à l’organisation du procès. Durant cette période, il est poursuivi par contumace pour complot, lors du grand procès de Marrakech qui s’est déroulé entre 1969 et 1975. Le procureur requiert contre lui la peine de mort.

Grâcié, il rentre au Maroc en août 1980. Douze ans après, en 1992, alors numéro deux du parti, il en devient le premier secrétaire après la mort d’Abderrahim Bouabid.

Après deux ans d’exil volontaire à Cannes en 1993-1995, pour dénoncer le trucage électoral des législatives de 1993, il revient au Maroc où il reprend son poste de premier secrétaire.

Après les législatives de 1997 remportées par l’USFP, Abderrahman El Youssoufi est nommé par Hassan II premier ministre du gouvernement d’alternance le 4 février 1998, une responsabilité assumée jusqu’au lendemain des élections législatives du 27 septembre 2002 qui en théorie auraient dû reconduire l’USFP à la tête du gouvernement. Mais le technocrate Driss Jettou est nommé par Mohammed VI à la primature. L’USFP a jugé cette nomination non conforme à la «méthodologie démocratique».

Le 28 octobre 2003, il démissionne de son poste du premier secrétaire de l’USFP et quitte la scène politique.

M. D.


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