Enquête: près du quart des Marocains veulent quitter leur pays

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Les derniers chiffres du HCP (Haut-Commissariat au plan) font froid dans le dos. Près du quart des Marocains auraient l’intention d’émigrer, selon les premiers résultats de l’enquête nationale sur la migration internationale réalisée en 2018-2019 par le HCP.

L’enquête qui se base sur un échantillon de 5765 personnes, indique que « cette envie varie de manière significative selon le sexe, l’âge et le niveau d’instruction », relevant que cela concerne à 28,6% les hommes contre 17,7% les femmes. 40,3% pour les personnes âgées de 15 à 29 ans contre 10,3% pour les 45-59 ans.

Elle est également le fait de 25% de ceux ayant le niveau d’études secondaires ou supérieures contre 12,4% pour ceux n’ayant aucun niveau d’instruction. En outre, 4 Marocains ayant suivi une formation professionnelle sur 10 (40,6%) ont l’intention d’émigrer, relève l’enquête.

On apprend également que 41,1% de la région de l’Oriental souhaitent émigrer à l’étranger, suivis de ceux de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (30,8%), de Marrakech-Safi (26,7%) et de Drâa-Tafilalet (26,2%). Les autres régions enregistrent des proportions inférieures à la moyenne nationale (23,3%). La région de Souss-Massa enregistre la proportion la plus faible (10,5%).

Avec 70%, les raisons économiques constituent le principal motif avancé par ceux ayant l’intention d’émigrer suivies des raisons sociales (24,4%). Les raisons économiques sont plus élevées parmi les ménages sans migrants (70,2%) que parmi les ménages avec migrants (64,6%). A l’opposé, les raisons sociales sont plus élevées parmi les ménages avec migrants (31,3%) que parmi ceux sans migrants (24,2%).

Les raisons d’émigrer diffèrent selon le sexe. Si pour les hommes, les motifs sont strictement d’ordre économique avec 79,7%, elles sont, pour les femmes, à la fois d’ordre économique (53,8%) et social (38,1%).

Selon le HCP, l’Europe arrive en tête des destinations des personnes interrogées avec 80% des choix exprimés. Viennent ensuite, les pays de l’Amérique du Nord avec 8,8% et les pays arabes (2,8%).

Au sens de l’enquête, le non migrant est défini comme étant toute personne membre du ménage, âgée de 15 à 59 ans qui n’a jamais résidé à l’étranger ou qui y a résidé pour une durée inférieure à 3 mois.

Cette enquête, qui s’inscrit dans le cadre du programme de coopération MEDSTAT mis en œuvre dans les pays du sud de la Méditerranée, vise à fournir, dans une première phase, des données représentatives, rétrospectives et comparatives sur les caractéristiques et le comportement des migrants actuels, des migrants de retour et des non migrants. La deuxième phase de cette enquête, dont la réalisation est prévue au premier trimestre de 2020, concerne la migration forcée et irrégulière.

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