Des réfugiés au Maroc jugent leurs relations avec le voisinage

Plus de 8 chefs de ménages réfugiés sur 10 (83,8%) jugent normales les relations avec le voisinage, selon une enquête réalisée auprès des réfugiés au Maroc par le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Ce constat est presque le même selon le pays d’origine, 85,7% pour les Syriens, 89,9% les Yéménites, 87,9% les Ivoiriens, 82,9% les Sud Soudanais et 75,9% les Centrafricains, précise le HCP dans son enquête sur l’impact de Covid-19 sur la situation socioéconomique et psychologique des réfugiés au Maroc.

En revanche, seuls 5,3% des chefs de ménages réfugiés jugent les relations plus tendues avec leur voisinage, 9,5% parmi les ménages dirigés par une femme, contre 4,3% parmi ceux dirigés par un homme, relève la même source, notant que le non paiement du loyer est la principale raison citée par près de la moitié (47,7%) d’entre eux, suivie des difficultés liées à l’utilisation de l’espace commun (19,1%) et du bruit ou tapage (19%).

L’enquête réalisée an partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), relève, par ailleurs, que l’anxiété, la dépression ou la peur constituent le principal impact psychologique du confinement sanitaire sur les réfugiés avec une part de 52,5%, faisant état d’une part de 55,1% parmi les ménages dont le chef est une femme et 52% parmi ceux dirigés par un homme.

Le sentiment de privation de liberté d’action est également un impact ressenti par 50,8% des réfugiés, relativement plus parmi les ménages dirigés par un homme (52,7%) que parmi ceux dirigés par une femme (42%), précise le HCP.

D’autres effets psychologiques pèsent également sur le comportement des réfugiés dont les troubles de sommeil qui interviennent pour 29,7%, l’hypersensibilité ou nervosité (14,4%), les troubles d’appétit (8,8%) ou les sentiments obsessionnels (8,1%).

Pendant le confinement sanitaire, la moitié (50,3%) des réfugiés jugent normales les relations entre les membres du ménage. Environ un chef de ménage réfugié sur 5 (19,3%) considère que les relations entre les membres du ménage sont devenues plus calmes et plus rapprochées.

En revanche, 14,2% de ces réfugiés estiment que les relations sont devenues plus tendues lors du confinement sanitaire, 20,6% parmi les ménages dirigés par une femme contre 12,8% parmi ceux dirigés par un homme.

Les réfugiés attribuent comme raisons à ces relations tendues, le manque de ressources financières pour 37,2% des cas, l’impact psychologique du confinement (31,9%), les difficultés liées à l’utilisation de l’espace dans le logement et à la gestion du pouvoir au sein du ménage (10,4%).

M.S. (avec MAP)

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