Des avocats accusés d’exploiter des terres collectives soulaliyates

A en croire le journal arabophone Al-Sabah, c’est un véritable pavé dans la mare qu’aurait lancé Abdelmajid Hankari, directeur des affaires rurales au ministère de l’Intérieur. En effet, il a pointé du doigt plusieurs avocats qui exploiteraient jusqu’à 180.000 hectares de terres agricoles appartenant aux collectivités ethniques Soulaliyates. Sans obligation légale, ces terres ne peuvent en aucun cas leur être cédées. Selon Abdelmajid Hankari, l’exploitation par les avocats de ces terres constitue une violation de la loi.

Ces terres collectives sont soumises à un régime juridique qui régit le «droit de propriété des tribus, fractions, douars ou autres groupements ethniques sur les terres de culture ou de parcours dont ils ont la jouissance à titre collectif ». Cette catégorie foncière est particulièrement touchée, aujourd’hui, par l’intensification de l’accaparement des terres agricoles et pastorales au profit de projets économiques de grande envergure. Selon des chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur, onze mille hectares de terres collectives auraient ainsi été cédés en changeant de statut entre 2009 et 2011.

La solution pour protéger cette population et la petite agriculture victimes de la fluctuation du marché, consisterait à accélérer le rythme du processus foncier déjà en cours tout en maintenant le suivi des conflits, ainsi que celui des expulsions, des concessions et de la spéculation immobilière autour des terres Soulaliyates dont la superficie totale avoisine les 15 millions d’hectares pour l’ensemble du Royaume. Le foncier étant une plateforme essentielle dans la dynamique de l’investissement, la livraison de ces terres agricoles aux ayants droits se poursuivra dans le courant de cette année, est-il dit.

M.J.K

 

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