Déchets italiens: les cimentiers marocains sortent de leur mutisme

La polémique suscitée par les déchets italiens restera dans les annales. Jamais une importation n’aura causé autant de tort et créé autant de bruit au sein de la société marocaine. Les cimentiers et les Italiens, premiers concernés dans cette affaire, sortent enfin de leur silence et s’expliquent.

La mauvaise publicité à l’adresse de la société de ciments LafargeHolcim risque de ne pas être oubliée de sitôt. Après un mutisme et une discrétion vivement critiqués, LafargeHolcim a souligné que les 2.500 tonnes importées payées à 25 euros la tonne est un test comme d’autres effectués quelques mois auparavant. En effet, Ciment du Maroc et Ciments de l’Atlas ont été fournis tous les deux durant le mois d’avril dernier par la société de traitement de déchets britannique SuezUK.

L’association professionnelle des cimentiers explique que la valorisation des déchets dans les cimenteries est ce qu’il y a de meilleur dans le secteur de l’écologie circulaire. C’est entre autres une solution qui évite l’enfouissement des décharges et le brûlage des déchets à l’air libre, mais c’est aussi une solution de recyclage qui permet de produire des combustibles à partir de déchets quotidiens tels les résidus de tissus et de bois.

Quant à la société italienne de traitement de déchets Deco SA, la médiatisation de la polémique de ses produits a été un véritable supplice et une pilule assez dure à avaler. Le président de la firme italienne a confirmé, jeudi dernier, lors d’une conférence de presse à Pescara que «les médias marocains ont créé la confusion au sein de la population» et il a ajouté que «l’exportation des déchets a été faite dans le respect total des normes internationales de qualité ISO 9001 et ISO 14001.»

Le Maroc est en train d’évoluer dans le secteur de la gestion de déchets et ambitionne de se placer parmi les premiers en matière d’économie circulaire s’inscrivant dans le développement durable. Selon l’Observateur du Maroc, le royaume se situe actuellement à 90% au niveau de l’enfouissement, autrement dit de l’élimination des déchets en décharges organisées. Face à cette évolution, l’association professionnelle des cimentiers vise à développer des plateformes de traitement de déchets au Maroc et à valoriser les déchets locaux.

Actuellement, le Maroc ne dispose pas encore d’unités de production des «Refuse Derived Fuel» (RDF ), mais des projets avancés sont programmés dans les villes de Rabat, Marrakech et Béni Mellal. Une convention a été signée à cet effet avec les ministères de l’environnement et de l’intérieur, en juin 2015 : il est question d’investir dans des unités de production de combustibles alternatifs issus des déchets ménagers locaux.

S. A.


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