Coronavirus: le Maroc en état d’alerte

L’épidémie du Coronavirus, qui a fait des milliers de morts à travers le monde, ne laisse pas les autorités marocaines indifférentes. Ces dernières ont rehaussé le niveau de vigilance. Aux aéroports, les vols en provenance d’Italie sont systématiquement contrôlés. C’est le cas aussi de ceux en provenance indirectement de Chine, ceux venant directement de ce pays étant suspendus. Le spectre de la rupture de médicaments plane.

Peut-on parler de pandémie du coronavirus aujourd’hui avec l’expansion fulgurante de ce dernier dans le monde ? Jusqu’à présent, l’Organisation mondiale de la Santé ne l’a pas encore décrétée. Mais, qu’en est-il du Maroc ? Le pays est-il prêt, car le virus a fait le tour du monde? Il est aux États-Unis, il est en Europe. Il est en Espagne et en Italie et au regard des déplacements de voyageurs entres ces pays et le Maroc, le risque plane sur le royaume.

Selon le Centre national d’opérations d’urgences de santé publique du ministère de la Santé (CNOUSP), «le risque qu’un cas de maladie, liée à ce nouveau virus, soit importé sur le territoire national est élevé. En revanche, le risque de transmission interhumaine du virus dans notre pays avec apparition de cas secondaires limités, suite à un cas importé, est modéré. Quant au risque de propagation du virus dans notre pays, il est jugé faible». D’ailleurs, dans les aéroports du Maroc, on a compris cela et les mesures de contrôle ont été renforcées.

En effet, après la suspension des vols directs en provenance de Chine, un contrôle systématique est actuellement opéré au niveau de ceux en provenance indirectement de ce pays. Mieux encore, ces contrôles concernent également les vols en provenance d’Italie. «Le système de veille et de contrôle au niveau des aéroports marocains est plutôt rôdé dans la mesure où ces derniers ont vécu des expériences similaires avec le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) en 2003, Ebola,H1N1… », affirme docteur Mohamed Moussif, médecin en Chef à l’aéroport Mohamed V de Casablanca. Et d’ajouter : «nous avons mis en place des plans d’urgence qui sont déclenchés à chaque fois qu’une urgence de santé publique à portée internationale est donnée. Pour le cas actuel, nous avons commencé par le traitement des vols directs en provenance de Chine. Ces derniers ont été suspendus. Aujourd’hui, nous contrôlons de manière systématique les vols en provenance indirectement de Chine. Et nous avons lancé le contrôle systématique de tous les vols en provenance d’Italie qui sont en moyenne de dix par jours».

Selon le médecin en Chef, «le Maroc est le seul pays à procéder à deux contrôles successifs (thermomètre infrarouge et caméra thermique)». Les mesures de contrôle comprennent aussi une fiche sanitaire que les passagers remplissent. Celle-ci renseigne sur les facteurs de risque (contact avec une personne malade ou atteinte du virus, des signes cliniques, hospitalisations, fièvre, toux..). La fiche comprend aussi des informations personnelles (adresse, numéro de téléphone, etc…). Pour les étrangers non-résidents, ces derniers donnent leurs adresses mail et leurs Facebook. «Nous leur fournissons aussi un dépliant élaboré par le ministère de la Santé, avec un schéma très simple sur les meures de prévention. Ce dépliant comprend un numéro vert pour l’auto-déclaration en cas de soupçon», ajoute docteur Mohamed Moussif.

Menace sur les médicaments

Cela dit, les sorties des responsables de l’OMS ne rassurent pas. En effet, récemment de retour de Chine, l’expert qui dirige la mission conjointe OMS/Chine, Bruce Aylward, a déclaré que «le monde n’est pas prêt. Par ailleurs, la gestion de cette épidémie doit être gérée à une plus grande échelle et rapidement». Aujourd’hui, les impacts du virus sont là. Au Maroc, selon nos sources dans le secteur de l’industrie pharmaceutique, il y a une crainte de rupture de stock de médicaments dans la mesure où une bonne partie des matières premières utilisées dans la confection des médicaments provient de Chine.

«Aujourd’hui, des retards de livraison de ces matières sont enregistrés, et si cela perdure, les stocks vont sérieusement baisser, ce qui pourrait impacter l’approvisionnement du pays en médicaments», indique notre source. Pour le moment, rien n’a été fait pour faire face à cette situation qui, du reste, n’est pas seulement propre au Maroc. Aux Etats Unis par exemple, on craint aussi que la chaîne d’approvisionnement en matière premières pour la production de médicaments ne soit affectée.

Dans le pays de l’Oncle Sam, on s’attend à une propagation du coronavirus. D’ailleurs, le département de la santé y a recommandé des mesures de prévention comme l’annulation des événements publics et des grands rassemblements. Le pays a prévu un budget de 2,5 milliards de dollars pour combattre l’épidémie. Il n’en demeure pas moins que l’épidémie ne fait pas que des malheurs. Certains pensent que c’est aussi une occasion pour bien se positionner et faire du business. «Actuellement nous ne sommes que des spectateurs. Les exportateurs marocains ne craignent rien jusqu’a présent puisque notre pays, heureusement, n’est pas touché par ce virus. Il faut que nos entrepreneurs profitent de cette situation «malheureuse» pour gagner plus de parts de marchés à l’import et à l’export. Pour ce qui est des retombés économiques du virus sur nos échanges, elles sont minimes vue que les exportations de la Chine vers le Maroc sont largement supérieures de ceux du Maroc vers la Chine», estime Hassan Sentissi, président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX).

Jalal Baazi (Source: Les Inspirations éco)

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