Comment préserver les richesses des mers, selon Gilles Boeuf

Biologiste français, ancien président du Muséum national d’histoire naturelle, Gilles Boeuf est aujourd’hui membre du conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité auprès de Ségolène Royal, ministre de l’écologie. Le Site info l’a rencontré au Forum de la Mer qui s’est tenu à El Jadida, du 4 au 8 mai. 

Quels sont vos objectifs pour cet événement incontournable ?
Poursuivre les actions engagées. C’est la troisième fois que je participe au Forum de la mer et je vois grandir cet événement. Cette année est passionnante pour moi parce que j’ai été très impliqué dans la COP 21 et je suis prêt à aider le gouvernement marocain pour la COP 22 qui se tiendra dans le royaume. Je tiens absolument à la continuation des projets qui ont engagé à Paris : l’océan, la vie, les femmes.

Quelles sont les menaces qui fragilisent l’océan ? 
Elles sont très claires aujourd’hui. D’abord, la destruction du littoral, la pollution, la surexploitation des stocks, la surpêche : pêcher c’est très bien, mais surpêcher c’est stupide! Mais aussi la décimation : des bateaux géants transportent des micro-organismes d’un coin de la planète à un autre, les décime et c’est le climat qui change dans l’océan ; pas uniquement la température de l’eau, mais aussi la remontée du niveau de la mer sur le littoral.

Lire aussi: Forum de la mer: « une communauté est en train de se créer » (Mehdi Alaoui Mdaghri)

Quelles solutions proposez-vous afin de préserver les richesses des mers ?
En étant un peu plus intelligents, en perdant notre arrogance et en nous disant que nous ne pouvons pas nous en passer, en imaginant que nous aussi nous sommes un petit morceau d’océan, nous devrions être davantage amenés à réfléchir à ce que sont ces richesses marines et à ce qu’elles nous apportent.

C’est simple, il faut arrêter de déverser nos déchets partout, il faut gérer les contrôles des ressources, ne pas pêcher plus que ce que la nature nous renouvelle chaque année, contrôler ces décimations et ne pas oublier que le climat fait partie des sept plaies écologiques. Il faut que nous fassions tout pour limiter les dégâts !

La COP 22 aura lieu bientôt et ce sera une COP d’action, mais pensez-vous que les dirigeants de la planète saisissent l’enjeu des changements climatiques ?

Disons que j’étais un peu circonspect il y a deux ou trois ans. Mais j’avoue que depuis j’ai écouté 150 chefs d’Etat à Paris, lors de leur participation à la COP 21, et mesuré combien tous étaient concernés, je pense qu’une réelle prise de conscience existe. On dit que gouverner c’est prévoir, donc il faut prévoir et maintenir ce que l’océan peut faire pour nous.

Propos recueillis par Zineb Alaoui


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