Maroc: une rentrée scolaire catastrophique !

Coup de colère dans les écoles, collèges et lycées publics. La raison? L’encombrement sans précédent des classes. Des manifestations ont été organisées et des banderoles déployées devant les établissements pour protester contre les conditions désastreuses de scolarité.

Jamais une rentrée scolaire n’aura été aussi mouvementée que cette année. Des enseignants et des administrateurs sont unanimes pour dire que c’est « la pire rentrée depuis des dizaines d’années ». En effet, c’est en partie à cause du manque d’enseignants, au nombre de trente mille au niveau national, alors que des milliers d’élèves enseignants ont battu le pavé toute l’année pour être embauchés. Face à l’entêtement du gouvernement, les académies ne savent plus à quels saints se vouer et obligent les directeurs des écoles à entasser les élèves dans des classes mal équipées pour recevoir des effectifs beaucoup trop élevés.

Le nombre d’élèves par classe s’élève dans plusieurs régions à 70, ce qui rend impossible toute approche pédagogique. Les enseignants en sont les premières victimes, puisque certains d’entre eux sont contraints de dispenser des cours à plusieurs niveaux, voire à enseigner plusieurs matières à la fois.

Les médias relatent plusieurs manifestations de parents d’élèves qui ne peuvent supporter que leurs enfants fréquentent l’école dans ces conditions.

« Nos enfants ont désormais peur d’aller à l’école vu cette atmosphère », témoigne une maman qui ajoute : « Comment est-il possible qu’une maîtresse puisse s’occuper de 60 ou 70 élèves à la fois ? Nos enfants n’ont aucune base dans toutes les disciplines et ne veulent plus étudier. Alors que nous devrions nous développer, nous sommes en train de régresser ».

Pour la première fois, une société d’intérim à Taza a été chargée par le ministère de l’éducation nationale de recruter des enseignants ! Du jamais vu, et cela s’inscrit dans le cadre de la vision de Benkirane qui a répété à maintes reprises que l’Etat doit lever sa main sur le secteur de l’enseignement.

« A présent, c’est une privatisation déguisée de l’école publique vers laquelle s’achemine ce gouvernement », nous explique un enseignant.

« Mais, il y a lieu de s’interroger sur le statut de ces enseignants qui devront être recrutés de cette façon. Est-ce dans le cadre de ce que le gouvernement a appelé l’embauche sur contrat ? »

Quoi qu’il en soit, l’école marocaine est en péril et les internautes ont lancé une campagne pour le sauvetage du système de l’enseignement public. Espérons que le prochain gouvernement rendra à notre école la place qu’elle mérite dans la société marocaine.

Mehdi Demni


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