Carton : le coût des emballages augmente…et ce n’est pas fini

L’industrie du carton connaît de fortes tensions et le mouvement inflationniste va vraisemblablement se poursuivre. 

«Sans carton, pas de livraison !» C’est la thèse que soutiennent mordicus les dirigeants de Smurfit Kappa, l’un des principaux acteurs mondiaux de l’emballage en carton. Mais aussi, sans carton, nos habitudes de consommation vont être directement impactées, d’autant que le carton est plébiscité.

«Depuis le début de la crise sanitaire à aujourd’hui, le coût de revient du carton a augmenté de 50 à 60% à l’échelle mondiale. Curieusement, il a progressé d’une proportion moindre au Maroc. N’empêche qu’il a grimpé. De son côté, le coût de revient du papier s’est accru de 130% voire plus », explique Mounir Naciri, DG de Smurfit Kappa Maroc. Pour comprendre la cause de cette hausse, analysons la chaîne de production.

Pour la fabrication du carton ondulé, les industriels utilisent des bobines de papier (papier pour couverture et papier pour annelure), de l’amidon de maïs pour la fabrication de la colle utilisée sur l’onduleuse, et de l’encre à base d’eau pour imprimer le carton ondulé. Le procédé est pratiquement le même chez la plupart des fabricants locaux de cartons.

A propos de l’amidon, celui-ci provient en grande partie du maïs, dont les prix ont flambé du fait de la guerre en Ukraine. En effet, l’Ukraine et la Russie étant les plus grands exportateurs de maïs, fournissant à eux deux près de 80% du marché mondial. «Avec la crise actuelle, la situation devient infernale», explique Naciri.

Pour l’amidon, « son prix, ces derniers mois, est passé d’une moyenne de 380 euros/tonne à 1000 euro/tonne». Face à la hausse du prix de revient, combinée aux problèmes liés à la disponibilité de papier, la problématique qui se pose est comment assurer l’approvisionnement des chaînes de valeur. Rappelons qu’à la reprise des économies, des pays comme les USA ont interdit l’exportation de papier. Ce qui a limité la disponibilité de matières premières comme le papier et carton recyclé sur le marché européen, notamment, et aggravé le problème de disponibilité.

Or qui dit arrêt de la chaîne de valeur du carton, dit paralysie de plusieurs chaînes de production, notamment industrielle, automobile, agricole. Au Maroc, un duopole contrôle près de 90% du marché du carton ondulé. Avec la hausse du coût des matières premières que connaissent ces opérateurs, ces derniers les ont répercutés sur leurs clients. Vu que l’industrie du carton connaît des cycles et que, régulièrement, il y a des tensions sur le marché, le mouvement de hausse va vraisemblablement se poursuivre.

Les avantages qu’offre le carton sont indéniables
Avec un coût relativement abordable, sa légèreté (jusqu’à 70% moins lourd que les plateaux en plastique), sa facilité d’emploi, sa capacité à être recyclable (jusqu’à 20 fois), selon certaines études, les avantages qu’offre le carton vis-à-vis du plastique sont nombreux.

Dans le domaine de la logistique, les avantages sont indéniables. Pas que pour les industriels, ou les exportations agricoles. Mais aussi pour les livraisons du e-commerce qui se développe de plus en plus. Dans son dernier rapport sur l’activité monétique marocaine au 30 septembre 2021, le CMI indique que l’activité E-commerce marocain ressort en progression de 48,4% en nombre et 30,5% en montant par rapport à la même période de l’année 2020.

Pour se faire une idée du potentiel de croissance à exploiter sur le marché marocain, il faudrait retenir qu’«un Marocain consomme, en moyenne, 6 à 7 kg de carton par an, contre 70 à 100 kg par habitant sur le marché européen», explique le DG de Smurfit Kappa.

Au bout de la chaîne de production

Au bout de la chaîne de production, les cartonneries proposent leurs solutions de conditionnement à de nombreux secteurs, dont l’industrie, l’automobile et l’agriculture, notamment les exportateurs de fruits et légumes : des plateaux, des barquettes, des caisses américaines… Les plateaux sont des moyens d’emballage destinés essentiellement aux entreprises qui exportent des produits agricoles.

Les avantages qu’ils offrent par rapport au plastique sont les coûts relativement abordables, leur légèreté (jusqu’à 70% moins lourd que les plateaux en plastique), ou encore la facilité qu’ils offrent à l’emploi. En effet, ils sont transportés aux clients comme produits finis immédiatement prêts à l’emploi.

A côté des plateaux figurent les barquettes généralement utilisées pour l’emballage ou le conditionnement de produits de petite forme montés manuellement sans collage. Puis les caisses américaines, un emballage efficace et prisé pour plusieurs produits car il facilite le déplacement en toute sécurité.

Collées et transportées vers le client qui se charge de le monter et le scotcher manuellement,  les barquettes contiennent les produits en totalité puisqu’elles se ferment.

La pression de l’Europe ouvre de nouvelles perspectives

Le Maroc étant un gros exportateur de produits agricoles, il faut savoir que les conditions de conditionnement sur le marché européen imposent de migrer des caisses en plastique vers les caisses en carton. En effet, l’Union Européenne a légiféré pour limiter au maximum l’usage d’emballage en plastique sur son territoire. Les oranges, tomates, fraises…tout y passe désormais dans des caisses «durables».

Entendez par caisses durables, celles à base de bois ou de carton. Sachant que le bois est plus lourd, donc difficile à transporter, encombrant et pas aisé à détruire à destination, un boulevard s’ouvre pour le carton dans le cadre des opérations à l’export.

Modeste Kouamé / avec Les Inspirations ÉCO


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