Avortements clandestins au Maroc: une étude donne de nouveaux chiffres

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Après avoir légalisé l’avortement à minima, le débat sur cette question continue de faire rage depuis plusieurs années, alors que l’IVG (Interruption Volontaire de grossesse) serait autorisée sous certaines conditions. On parle de près de 800 avortements clandestins pratiqués chaque jour dans le pays.

Le débat sur la légalisation de l’avortement continue de faire rage, alors que l’IVG (interruption volontaire de grossesse) est autorisée, sous certaines conditions. On parle de près de 800 avortements clandestins pratiqués chaque jour au Maroc.

Une étude analytique sur l’IVG réalisée par l’Association marocaine de la planification familiale, a été présentée, jeudi dernier à Rabat. Il en ressort que près de 50.000 à 80.000 cas d’avortements clandestins par an sont enregistrés au Maroc.

Selon cette étude, ces cas d’avortements clandestins concernent 5 à 8 femmes sur 1000, âgées généralement entre 15 et 44 ans. Ces avortements clandestins et non sécurisés sont la cause du décès de 2,4% des mères. 5,5 % meurent suite aux complications dues à l’opération d’IVG. Des chiffres remis en question par le Pr Chafik Chraibi, spécialiste de la question, qui note que la manière dont cette étude a été réalisée n’a pas été expliquée. Si certains, comme les militants des droits de l’Homme, ont évoqué une belle avancée dans un pays gouverné en majorité par le parti islamiste de la justice et du développement (PJD), d’autres dénoncent toujours une légalisation à minima.

Au Maroc, la loi prévoit une interruption de grossesse en cas de « malformation fœtale, de viol ou d’inceste ». Ces trois autorisations viennent s’ajouter à celle déjà prévue en cas de danger pour la santé de la mère. Mais les avortements en cas de grossesses non désirées de mineures ou de mères de familles nombreuses restent toujours interdits.

Pour rappel, l’IVG est punie au Maroc d’un à cinq ans de prison et le nouveau code pénal du royaume exclut encore la dépénalisation des relations sexuelles hors mariage, toujours passibles d’un an de prison ferme.

Saïd Abdessadek

 

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