AstraZeneca: un chercheur préconise un espacement de 3 mois des deux doses

Un espacement de 12 semaines des deux doses du vaccin anti-Covid19 AstraZeneca-Oxford, au lieu de 4 semaines actuellement, s’avère opportun pour vacciner et protéger plus de personnes, estime le médecin chercheur en politiques et systèmes de santé, Dr Tayeb Hamdi.

Dans une analyse consacrée aux « contraintes d’approvisionnement en vaccins: les défis et les solutions alternatives », ce scientifique a appelé à ne vacciner que d’une seule dose les personnes qui ont déjà été infectées, 3 à 6 mois après la survenue de la maladie. « Car cette première dose jouerait un rôle de rappel et permettra de booster une immunité déjà enclenchée par l’infection, ce qui permet de vacciner d’autres personnes prioritaires », a-t-il expliqué.

Cette approche aiderait à vacciner et protéger plus de populations dans des périodes plus courtes, tout en gagnant des doses qui serviraient à vacciner plus largement, a poursuivi Dr Hamdi, soulignant que face aux contraintes d’approvisionnement en vaccins, tous les pays sont amenés à chercher des solutions alternatives pour déjouer les risques liés à la pandémie, en attendant des immunités collectives.

Au Maroc les acquis d’une campagne vaccinale réussie et d’une population jeune facilitant la protection rapide des groupes vulnérables ne dispensent pas d’une telle réflexion face aux risques d’une reprise de l’épidémie, des défis des variants et de l’épuisement de la population, a prévenu ce chercheur en politiques et systèmes de santé.

Ces alternatives sont possibles grâce aux études qui ont montré que le vaccin d’AstraZeneca-Oxford est hautement efficace dès la première dose, une efficacité supérieure avec un espacement de 3 mois.

D’autres études ont conclu qu’une seule dose chez les personnes ayant déjà été infectées produit des anticorps de 10 à 45 fois plus, a-t-il argué, ajoutant que les recherches sont en cours vers l’espoir d’une seule dose des vaccins à base d’ARN messager et du vecteur viral.

Dans de le même sillage et afin d’atteindre rapidement l’immunité collective et abaisser le taux de reproduction du virus, Dr Hamdi souligne l’importance du respect des mesures barrières et les mesures territoriales.

« Plus on freine l’épidémie, moins on aura besoin de vacciner plus de population pour atteindre l’immunité collective et retrouver une vie normale, tout en continuant par la suite à vacciner le reste de la population pour consolider notre immunité individuelle et collective », a-t-il soutenu.

Par ailleurs, l’expert a passé en revue les acquis réalisés lors de la campagne réussie de vaccination au Maroc qui a pu protéger les professionnels en première ligne, les personnes âgées et les porteurs de maladies chroniques, indépendamment de l’âge.

« Grâce à notre démographie caractérisée par sa jeunesse, les objectifs de protection des populations vulnérables seront atteints plus rapidement que dans les pays occidentaux », a-t-il estimé, mettant en garde contre des risques qui planent en termes notamment de reprise de l’épidémie, de variants, d’épuisement de la population et de l’économie.

S.L. (avec MAP)

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