Arrestation du cheikh de la zaouïa Derkaouia de Fès pour pédophilie

Voilà un scandale dont se serait bien passé la zaouïa Derkaouia de Fès. Le cheikh de la confrérie religieuse a été arrêté par la police judiciaire, cette semaine, pour tentative de viol à l’encontre d’une fillette de neuf ans.

Fille d’un ami proche du cheikh, Fatim Zahra fréquentait son école coranique. Un jour, après avoir fini son cours, l’homme religieux a convoqué la petite fille dans une salle vide et l’a obligée à s’asseoir sur ses genoux. Il l’a prise dans ses bras, a touché son corps et a collé son vieux visage contre celui de l’enfant. D’un geste brusque, il a commencé à caresser le ventre de Fatim Zahra et à descendre un peu plus bas… Chétive et apeurée, elle se laissait faire par respect envers cet ami de son père.

Il a ensuite essayé de baisser le pantalon de la fillette qui, prise de panique, a crié de toutes ses forces et s’est enfuie des bras de son agresseur.

Choquée, elle n’a pas pu avouer ni raconter les faits à ses camarades de classe qui insistaient pour comprendre ce qui s’était passé. Arrivée à la maison, elle n’a pas pu s’empêcher de raconter sa mésaventure à son père, choqué à son tour par l’histoire de sa fille.

Suite aux confessions de son enfant, le père a tout de suite porté plainte et le chef de la confrérie religieuse a été arrêté par la police judiciaire de Fès.

Pendant son interrogatoire, il a déclaré aux enquêteurs qu’il était victime d’une plainte abusive. D’après sa version, il s’agit d’un coup monté par les salafistes dont le chef n’est autre que le père de Fatim Zahra. Il a ajouté qu’ils se sont souvent disputés à propos de la zaouïa.

En effet, il raconte que la zaouïa Derkaouia a toujours bénéficié des bonnes grâces du ministère des habous et des affaires islamiques, ce qui explique l’autorisation reçue pour ouvrir sa propre école coranique, contrairement aux salafistes qui peinent toujours pour l’obtenir.

Face à ce scandale, le père de la jeune victime, Abderrahmane Alaoui Tadili, a expliqué à un journaliste de Akhbar Al Yaoum que malgré le fait qu’il soit conservateur et très religieux, il ne fait partie d’aucun courant religieux particulier ni d’aucune appartenance politique. Il ajoute que le cheikh est un ami de longue date avec lequel il a toujours entretenu de bonnes relations, et que c’est grâce à cette amitié qu’il a décidé de placer sa fille au sein de son école afin de parfaire ses connaissances sur l’islam et d’apprendre les versets du livre sacré.

Lors du jugement, le cheikh a nié les faits de tentative de viol devant le procureur du roi et a accusé les enquêteurs d’avoir noté de faux témoignages à son égard. Solidaires, les membres de la zaouïa étaient présents au tribunal, accompagnés des élèves de l’école coranique qui ont protesté devant la porte du tribunal en brandissant des ardoises avec des slogans demandant la libération du cheikh.

Le cas de Fatim Zahra n’est pas le premier dans la ville de Fès. L’association Nejma a pris en charge le dossier de la jeune victime de neuf ans. La présidente de l’association, qui milite et lutte contre la violence dont sont victimes les femmes et les enfants, a engagé deux avocats qui étaient présents au tribunal de première instance de Fès.

M.D.


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