Après le boycott, un second séisme à l’horizon?

Le gouvernement El Othmani a essuyé de vives critiques de la part de Najib Akesbi qui pointe l’attitude gouvernementale face à la crise engendrée du fait de la campagne de boycott et la qualifie de désastreuse.
Le professeur universitaire et économiste renommé, dans une déclaration à Le Site info, affirme que le gouvernement n’a réussi qu’à mettre de l’huile sur le feu et envenimé la situation. Ceci, en prenant le rôle, qui n’est pas le sien, de partie prenante et en se faisant l’avocat des intérêts des entreprises visées par la campagne de boycott, sans prendre en compte les doléances des citoyens.
« Le gouvernement n’a pas défendu l’intérêt général mais celui des entreprises. Au lieu de résoudre la problématique, il en est devenu une subdivision », ajoute-t-il. « Nous sommes dans le cas présent dans la situation du mariage de l’autorité et de l’argent », assène-t-il encore.
« La crise a été fort compliquée pour le gouvernement. Si celui-ci avait pris la position du juste milieu, en tant que représentant de l’intérêt général, des messages auraient été envoyés aux entreprises afin qu’elles baissent les prix des produits incriminés, en réponse aux revendications populaires. Mais au contraire, le message reçu par lesdites entreprises signifiait que leurs intérêts sont défendues bec et ongles par l’Exécutif », n’hésite pas à affirmer Akesbi.
Quant à la raison essentielle qui a incité au boycott, elle réside, selon ses dires, en l’absence de règles de l’économie de marché, cédant la place à une économie du privilège et de la faveur. « La condition première d’une économie est la concurrence loyale sans hégémonie de l’un ou de l’autre des acteurs. La seconde est la transparence, alors que l’égalité des chances en est la troisième », explique l’économiste avant de préciser que les trois conditions brillent par leur absence au Maroc. De ce fait, le citoyen se voit victime d’un jeu truqué car ce n’est pas la légitimité du marché qu’il discute, mais c’est le respect des règles de l’économie de marché qui lui importe.
Concernant une possible intervention royale palliant le fiasco gouvernemental, Najib Akesbi répond que c’est au Souverain d’en décider. »Soyons clairs là-dessus! L’autorité de décision appartient au roi. Et quelles que soient nos critiques à l’encontre du gouvernement, nous ne sommes pas dans un système politique permettant à l’Exécutif de décider en toute chose », rappelle-t-il.
Et de conclure en demandant au gouvernement de répondre positivement aux revendications populaires, tout en qualifiant le boycott de « comportement civilisationnel », ayant permis aux Marocains d’exprimer leur mécontentement. Façon citoyenne de dire: »Ras-le-bol,assez! Plus jamais ça! ».
Et Najib Akesbi conclut: »Nous sommes en train de vivre un moment historique exceptionnel, susceptible de nous faire avancer. C’est aussi une occasion privilégiée, sans vainqueur ni vaincu. La victoire y reviendra à la Patrie dont le niveau de conscience des citoyens est à la hausse! ».
Larbi Alaoui (avec Mohamed Baba Hida)


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