Aïd Al-Adha: explosion des cas d’infection… attention au spectre de 2020

À quelques heures de la fête de l’Aïd Al-Adha, le nombre de contaminations liées à la Covid-19 explose au Maroc. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le bilan des infections, pour avoir une idée sur la rapidité de la propagation du nouveau coronavirus… Un total de 3.631 nouveaux cas d’infection au coronavirus (Covid-19) ont été enregistré ce mardi. On le voit bien, le tableau n’est pas des plus reluisants. Dans ce contexte inquiétant, les autorités sont sur le qui-vive.

Pour limiter les contaminations, le ministère des Habous et des affaires islamiques a  décrété, la semaine dernière,  l’interdiction de la prière de l’Aïd Al-Adha dans les mosquées et les moussallas pour contenir la propagation du coronavirus.  La même source a expliqué que la décision intervient «en raison de l’affluence observée à cette occasion et des difficultés à garantir les mesures de distanciation».

Le ministère des Habous et des affaires islamiques de a également rappelé que la prière de l’Aïd constitue «une sunna» susceptible d’être accomplie par les croyants à domicile. Cette mesure, qui a pour finalité de préserver la santé physique des citoyens, ne saurait cependant être suffisante.  Aussi, les autorités conseillent d’éviter au maximum les déplacements durant la fête de l’Aïd Al-Adha. «Toute rencontre, non essentielle, doit être évitée ou repoussé», recommande Dr. Tayeb Hamdi pour qui «chaque famille se doit de fêter l’Aïd chez elle». Concernant les visites dites essentielles, il invite les Marocains à être brefs dans leurs échanges, en privilégiant les réseaux sociaux. «Il faut penser aux personnes qui ne peuvent pas être vaccinées, et qui sont particulièrement vulnérables», poursuit le médecin. Il s’agit d’éviter de revivre le scénario de 2020 où les cas avaient explosé durant la période de l’Aïd Al-Adha. C’est d’ailleurs pour cela que les restrictions ont été durcies et seront effectives à partir de vendredi prochain.

S’agissant des jeunes insouciants, qui se croient protégés de la maladie, le spécialiste rappelle que personne ne peut se prétendre vraiment à l’abri. Il conclut, enfin, en soulignant qu’il nous faut «une décision citoyenne et non pas une décision gouvernementale». En effet, si la campagne de vaccination avance à rythme soutenu, on est, en fait, encore loin du compte, avec seulement 11.213.841 personnes qui ont reçu une première dose de vaccin contre la Covid-19, et 9.619.727 personnes qui se sont vu administrer la seconde dose, comme l’a indiqué le ministère de la Santé dans son bulletin quotidien, samedi dernier. Rappelons que la campagne de vaccination, lancée le 28 janvier dernier, est une opération gratuite pour l’ensemble des citoyens, avec pour objectif d’immuniser 80% de la population. Pendant ce temps, le variant delta fait des ravages dans le monde, et notre région n’est pas en reste, comme en témoigne le cas de la Tunisie.

D’après le journal «Le Monde», cette progression illustre, d’ailleurs, combien la région est loin du retour à la normale, alors que la nouvelle vague de la pandémie, portée par le variant Delta, n’épargne pratiquement aucun pays. «Une telle relance de la crise sanitaire aggrave partout les facteurs de tension, qu’il s’agisse d’économies vulnérables, encore plus fragilisées, ou de répression de la contestation, encore plus accentuée», souligne le journal français qui décrit une situation alarmante chez nos voisins tunisiens, citant les autorités du pays.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Tunisie détient, avec «plus de cent morts par jour» pour 12 millions d’habitants, le triste record du plus fort taux de mortalité due au Covid-19 dans le monde arabe et sur le continent africain. Avec seulement 5 % de la population vaccinée (à deux doses) et une saturation des lits de réanimation, la Tunisie craint de voir son système de santé «s’effondrer», purement et simplement ! 

Khadim Mbaye


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