Aïd al-Adha au Maroc: un casse-tête pour les familles à faible revenu

En dépit des lueurs d’espoirs qui ont accompagné la baisse relative de la pandémie du coronavirus et de l’offre abondante en ovins et caprins destinée à l’abattage de l’Aïd Al Adha au niveau de la région Casablanca-Settat, nombreux sont les ménages à faible revenu qui se retrouvent dans l’embarras entre le devoir religieux consistant à acquérir le mouton de l’Aïd et les contraintes financières, notamment avec la flambée des prix du bétail et la pression qui en résulte sur les budgets des familles.

À l’approche de cette occasion religieuse, et loin du but derrière le rituel de sacrifice visant à se rapprocher de Dieu, certaines personnes font énormément de sacrifices pour se procurer un mouton dans le but d’apporter la joie aux enfants et de s’en vanter devant la famille et les voisins.

En effet, les prix continuent leur tendance haussière, selon les acteurs du secteur agricole, notamment des responsables institutionnels, des éleveurs, des propriétaires de fermes et d’unités d’engraissement qui fréquentent l’un des marchés de bétail situés dans la province de Berrechid et qui imputent cette hausse au manque de précipitations.

Dans une interview accordée à la MAP, Mohamed Zakar, chef du service de la protection sociale et des statistiques à la Direction provinciale de l’agriculture de Berrechid, a indiqué que, selon le Programme national d’atténuation des effets du retard des précipitations, 50.000 des quintaux d’orge subventionnés (1ère tranche) ont été mis à la disposition des éleveurs de la province, à un prix fixe subventionné à hauteur de 200 dirhams le quintal, qui a été renforcé dans la seconde tranche avec 20.000 quintaux.

Il a expliqué que ce processus a permis d’assurer la stabilité des prix des fourrages sur le marché et ainsi de préserver le cheptel qui est actuellement estimé à 393.400 ovins et caprins, dont plus de 195.000 têtes ont été destinées à couvrir les besoins de l’Aid Al Adha au titre de l’année 1443, avec 60% de la race sardi.

Dans le même ordre d’idées, le responsable agricole s’est félicité des efforts déployés par le service vétérinaire de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), en collaboration avec les autorités locales, pour surveiller l’état sanitaire du bétail de l’Aid, à travers la numérotation, le contrôle et le suivi de la qualité de l’eau et du fourrage destinés aux moutons, ainsi que les médicaments utilisés dans les fermes et les unités d’engraissement.

En ce qui concerne le processus de vente des moutons, un marché a été construit cette année sur un hectare de superficie pour contenir les flux qui pourront être constatés en cette heureuse occasion, notamment en provenance de la ville de Casablanca et de sa périphérie.

A cet égard, toutes les conditions de sécurité telles que la distanciation et les mesures préventives ont été prises en compte afin de garantir le déroulement dans de meilleures conditions de l’opération de de vente.

Lors d’une visite de terrain au marché du vendredi de la commune d’Ouled Abbou (Jemaa Foukou), l’un des dix marchés hebdomadaires de Berrechid, il s’est avéré que la demande en moutons est très faible, en raison du coût élevé du fourrage dû à la faiblesse des pluies.

Selon les acheteurs, les prix sont « inhabituels » cette année et ne sont pas à la portée du citoyen simple qui devra peut-être recourir à l’emprunt ou à d’autres moyens de financement, afin de se procurer un mouton, ajoutant que cette situation a été dictée par certaines coutumes qui n’ont rien à voir avec les enseignements religieux.

Dans l’une des grandes fermes d’engraissement et de vente de moutons dans la commune rurale de Sidi El Mekki, province de Berrechid, il a été constaté que cette unité, qui a accumulé une expérience de 40 ans, dispose d’un nombre importants de moutons de races sardi et bergui.

Dans une déclaration à la MAP, Mostafa Lafjel, qui travaille dans cette ferme depuis plus de 24 ans, a souligné que la satisfaction des clients est censée allier qualité et juste prix qui prenne en compte le pouvoir d’achat des citoyens, notamment lors de cette fête religieuse, expliquant que la qualité passe par une bonne sélection des races destinées à l’engraissement et au suivi de leur santé et leur sécurité, en prêtant attention à la nature des fourrages destinés au bétail qui diffère selon l’âge.

En vue de satisfaire tous les goûts, la ferme dispose actuellement, selon lui, d’un large choix des races sardi et bergui importées des différentes régions du Royaume, notamment Oujda, Khenifra, El Kelâa des Sraghna, Khouribga et Beni Meskine.

La région de Casablanca-Settat, qui comprend les provinces de Mediouna, Nouaceur, Settat, Berrechid, Benslimane, Mohammedia, El Jadida et Sidi Bennour, compte 1.029.844 ovins et caprins destinés à l’Aid al-Adha 1443/2022.

La région dispose d’un cheptel de grande qualité et la race « Sardi » qui est disponible dans les régions de Settat et de Berrechid demeure la plus appréciée chez les familles marocaines, suivie de la race Bergui et de la race Bejâad dans la périphérie de Khouribga (Jaadia), et d’autres variétés hybrides qui se déplacent dans les provinces d’El Jadida et de Sidi Bennour. Du côté de Casablanca, d’autres races arrivent des autres régions, notamment les races Timahdite et Beni guil.

S.L. (avec MAP)




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