Vague de froid: quel impact sur l’économie marocaine ?

Une vague de froid s’est brutalement installée au Maroc, touchant presque toutes les régions du pays. Ce changement d’humeur du temps sera accompagné par des chutes de neige et de fortes rafales de vent dans plusieurs provinces du Royaume, avait annoncé la Direction générale de la météorologie (DGM).

Dans le détail, les chutes de neige (15-25 cm), ont concerné cette semaine les provinces d’Ifrane, Khénifra, Sefrou, Taza, Midelt, Boulemane, Azilal, Béni Mellal, Al Haouz et Tinghir. De même, un temps glacial était attendu vendredi dans plusieurs provinces du Royaume. Il s’agissait des mêmes provinces d’Ifrane, Midelt, Boulemane, Azilal et Béni Mellal (avec des températures minimales variant entre -08/-04°C et des températures maximales oscillant entre 03/08°C) ainsi que celles d’Al Haouz, Tinghir, Sefrou et de Figuig (Tmin : -04/00°C et Tmax : 05/10°C). Par ailleurs, de fortes rafales de vent (75/90 Km/h) ont concerné, jeudi, les provinces de Nador, Driouech, Al Hoceima, Midelt, Al Haouz et Ouarzazate.

On le voit bien, l’hiver s’est donc installé pour de bon au Maroc et les conséquences qui vont avec, également ! À l’image des vagues de chaleur, les températures basses ne manquent pas d’impacter les activités économiques.

Selon les spécialistes, il y aura à la fois des conséquences positives et négatives. Si, de manière générale, personne ne sera épargné, ne serait-ce qu’avec la baisse de la vigilance mentale, due à l’inconfort causé par le froid, les ruraux, quant à eux, privés d’équipements de tout confort moderne, sont directement et particulièrement exposés. Alors que, dans certaines zones du pays, le bois pour se réchauffer ou cuisiner se fait rare, les principales sources de revenus des ruraux, liées essentiellement à l’agriculture, sont mises à rude épreuve par le temps rigoureux. En effet, la baisse des températures provoque des phénomènes de gel, lesquels entrainent des pertes dans le secteur agricole. S’il est encore difficile d’estimer les dégâts de cette année, on peut rappeler qu’en 2020, la production des cultures fruitières hors agrumes aurait diminué de 2,8%, par exemple, selon un spécialiste. Les cultures sucrières et les pommes de terre souffrent, généralement, des épisodes de froid. Autre secteur météo-sensible, le BTP où les processus de production, comme le coulage de béton, peuvent être impactés.

En effet, le froid et surtout le gel, peuvent sérieusement altérer les propriétés du béton. Dès lors, le durcissement est ralenti et la résistance finale est moindre. De plus, les événements météorologiques peuvent influencer les résultats d’une entreprise ou les ventes de certains produits ou services.

C’est encore plus vrai dans le secteur de la restauration où les clients sont découragés à dîner ou déjeuner hors des domiciles ou des bureaux, à l’exception des inconditionnels de soupes et autres potages qui n’hésitent pas à braver le froid pour se caler l’estomac. D’autres produits, comme les crèmes de soin pour peau et les habits lourds ou vêtements chauds, s’arrachent également comme des petits pains, en temps de froid. Alors qu’on s’achemine vers une possible nouvelle vague covid-19, due à l’apparition du variant Omicron, il n’est pas sûre que la consommation soit assez forte pour combler les éventuelles pertes de l’activité économiques.

Dans les zones enclavées du pays, les populations et responsables étatiques locaux s’organisent déjà pour faire face à la menace. C’est ainsi que, dans la province d’Azilal, pour atténuer les effets de la vague de grand froid accompagnant les premières chutes de neige, un dispositif a été mis en place pour intervenir en cas de situation d’urgence à différents niveaux, et ce depuis l’annonce des premières précipitations.

Ainsi, plusieurs équipes ont été formées pour l’intervention en temps réel, en cas de toute urgence constatée au niveau de l’une des communes lointaines et difficiles d’accès. Ces équipes ont pris les dispositions nécessaires, en concertation avec la délégation provinciale de la santé, en vue de renforcer la mobilisation des équipes médicales et paramédicales et d’assurer l’approvisionnement des dispensaires et centres de santé en quantités suffisantes de médicaments. Un responsable provincial, citant la mobilisation des moyens et ressources à cet effet, notamment la dotation d’urgence et la mobilisation de matériels médico-techniques et des équipements logistiques indispensables à toute intervention, a fait savoir que 30 ambulances et 6 VTT ont été mis à disposition pour l’accès à ces zones.

Khadim Mbaye / avec Les Inspirations ÉCO


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