Quel avenir pour BIM au Maroc ?

L’annonce faite lundi par le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique Moulay Hafid Elalamy, n’est passée inaperçue.

La Turquie a accepté, après un long bras de fer, de revoir l’accord de libre-échange avec le Maroc, pour qu’il soit « mutuellement bénéfique ». Il faut dire que c’est d’abord le textile qui paye les pots cassés du présent accord, puisque le nombre d’emplois perdus par le Maroc dans ce secteur ne cesse de s’aggraver, alors qu’il était déjà estimé à 44.000 en 2017.

MHE a réclamé une solution qui ne « porte pas atteinte aux intérêts du Royaume ». En attendant, un tout autre épisode de ce feuilleton turc a fait le buzz au Parlement. Il s’agit de la chaîne de distribution BIM. Un dossier sur lequel MHE avait déjà alerté il y a six ans, en insistant sur le fait qu’il ne laissera jamais des investisseurs se développer au détriment du tissu industriel national. Aujourd’hui, le ministre exige que les BIM Stores proposent plus de produits marocains, à défaut de quoi cette chaîne de distribution serait obligée de « mettre la clé sous la porte ». Une manière de soutenir le « made in morocco ». On le sait, la douane marocaine a serré la vis pour contrer la contrebande. Taxer certaines marques étrangères est un autre chantier qui risque de faire des remous.

Dans une déclaration à Reuters, relayée par nos confrères de Les Inspirations Eco, le directeur financier du groupe Haluk Dortluoğlu, de son côté, a assuré que les activités de l’enseigne ne sont pas menacées. Le responsable a souligné que 85% de la marchandise de BIM est acquise auprès de producteurs marocains, précisant que seuls 15% des marchandises sont importés de Turquie.

Le directeur financier a également indiqué que BIM compte près de 500 magasins et 3000 employés au Maroc. «Un marché qui représente 5% du chiffre d’affaires total du groupe. Ce qui est certain, c’est que BIM continuera à faire progresser ses approvisionnements auprès des producteurs locaux», a ajouté Haluk.

Implantée depuis 2008, BIM a forgé son business-model sur la multiplication de magasins (presque 500) aménagés à mi-chemin entre hard discount et superettes avec comme atouts la proximité et le coût. Si de manière générale, les turcs sont habiles pour proposer des produits à moindres coûts, le Maroc a également l’intention de déployer ses cartes sur ce terrain. MHE a bien l’intention de le faire comprendre.

S.L.

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