Paris: gros plan sur l’Association des Marocains des Grandes Ecoles

L’AMGE-CARAVANE, association d’étudiants des grandes écoles d’ingénieurs et de commerce de France compte aujourd’hui plus de 5000 membres et un réseau de très nombreux diplômés. Lors des journées organisées du 27 au 29 mai à Paris, Le Site info a rencontré Saad Jamal, président de l’AMGE. Nous lui avons donné la parole pour un tour d’horizon. 

L’association, ses objectifs et ses activités 

« L’AMGE est une association qui a pour but de fédérer l’ensemble des étudiants marocains des grandes écoles de commerce et d’ingénierie en France.  Nous avons une représentation nationale avec plusieurs antennes dans différentes villes où la population estudiantine marocaine est bien représentée. L’association ambitionne de créer un esprit de cohérence et de solidarité entre les Marocains résidant en France et de maintenir un lien permanent entre eux et le Maroc. Ce lien est alimenté et renforcé par un ensemble d’activités et d’événements que nous organisons tout au long de l’année, en plus de nos réunions hebdomadaires ».

Les activités professionnelles

« Parmi les principales activités, nous pouvons citer le « Forum Horizons Maroc », fer de lance de notre activité professionnelle étant donné que c’est un forum de recrutement. Plus de 40 entreprises marocaines et internationales implantées au Maroc se déplacent spécialement à Paris pour rencontrer des jeunes étudiants des grandes écoles d’ingénieurs, de commerce et aussi d’universités françaises. Ce rendez-vous professionnel a généralement lieu au mois de janvier. Une véritable plateforme d’échanges entre les étudiants, les jeunes diplômés en France et le marché du travail marocain, permet bien sûr de saisir plusieurs opportunités de stages et de carrières que nous ne trouvons pas toujours en France ».

Evénements culturels

« Hormis cette activité purement professionnelle, des événements culturels sont proposés. Preuve en est faite avec les « Journées de la jeunesse marocaine » durant lesquelles nous invitons des personnalités, des penseurs, des intellectuels marocains qui sont eux aussi en quête d’échanges avec les jeunes étudiants marocains résidant en France et désireux de débattre et de participer au développement de leur pays ».

Rencontres ponctuelles

« Quelques rencontres ponctuelles peuvent prendre la forme de conférences, par exemple sur le thème de la régionalisation au Maroc et de ses enjeux. Une conférence a porté sur la COP21 et sur le rôle que devra jouer le Maroc lors de l’organisation de la COP22 ».

Créer un lien constant avec le Maroc

« Nous essayons en fait d’élargir notre spectre de sujets et d’activités afin de donner une image assez globale de ce qui se passe au Maroc, sans nous limiter à une activité professionnelle ou à une activité culturelle bien précise. Cela rejoint justement l’objectif de créer un lien fort, constant, intangible, entre les étudiants marocains en France et leur pays natal, hormis les canaux traditionnels que sont la radio, la télévision, etc. Ces événements rassemblant la jeunesse marocaine favorisent au maximum le renforcement de ce lien avec le royaume et la résistance à l’exil, cette longue distance qui nous sépare de notre pays natal ».

« La caravane » au Maroc

« En plus de cela, l’association organise « La caravane », durant laquelle les équipes d’étudiants des grandes écoles de commerce et d’ingénierie font le tour des classes préparatoires au Maroc afin d’inciter les jeunes étudiants marocains à venir passer les concours en France. Cette opération a pour but de démythifier les écoles françaises aux yeux de ceux qui pensent qu’elles sont hors de leur portée, de leur dire que la procédure est assez simple, que les concours n’ont rien de sorcier, qu’il suffit de bien travailler et d’y mettre du sien pour les décrocher. Nous disons aux jeunes Marocains qu’ils sont capables d’obtenir les meilleurs diplômes, au Maroc ou en France, dans les meilleures écoles comme Polytechnique, HEC, Centrale Paris ».

Les thématiques abordées

« Cette année, le « Forum Horizons Maroc » célébrait ses 20 ans. Nous avons voulu faire de ce forum une fête du travail marocain. L’objectif consistait à diversifier au maximum les secteurs d’activité représentées, allant de la banque à l’industrie aéronautique en passant par la finance, l’agriculture… Nous nous sommes penchés sur les horizons d’attente des étudiants et des diplômés en France, afin de leur donner un maximum de moyens, un arsenal complet pour pouvoir revenir au Maroc et poursuivre leur carrière ».

Une jeunesse marocaine qui se distingue 

« Pour les « Journées de la jeunesse marocaine » de cette année, nous avons voulu célébrer le thème : « Une jeunesse qui se distingue ». Cette distinction, nous la voyons de deux manières.

C’est d’abord une distinction par rapport aux aînés car la jeunesse marocaine est capable d’oser, de défier, de remettre en question l’ordre établi. Elle est audacieuse. C’est précisément cette distinction-là que nous avons voulu mettre en valeur. Par exemple, au cours de la table ronde « Les jeunes donnent de la voix », il était question de la jeunesse qui n’accepte pas les décisions arbitraires du gouvernement. Elle fait entendre sa voix et ne se laisse pas faire, chose qu’on ne voyait pas forcément il y a quelques années quand la jeunesse se contentait d’accepter les états de fait. Autre exemple : la jeunesse dissidente qui refuse les partis politiques classiques et essaie de trouver des alternatives, d’autres moyens de se faire entendre et d’avoir des opinions assez visibles qui puissent être appliquées sur les champs politique, économique et social.

Mais il y a aussi une distinction par l’excellence : plusieurs jeunes diplômés marocains excellent dans l’univers culturel, scientifique, artistique. Cette jeunesse n’est peut-être pas estimée à sa juste valeur et se doit d’être un exemple pour toute la jeunesse marocaine afin qu’elle aspire à se distinguer à son tour.

Ce sont toutes ces avancées, toutes ces demandes, toutes ces exigences que nous essayons de mettre en œuvre en vue de développer notre pays. Elles ne sauraient être l’apanage d’une classe sociale ou d’une tranche d’âge particulière ».

Les premiers enseignements

« C’est que l’organisation d’un tel colloque avec toute sa logistique demande beaucoup de travail, une bonne organisation. C’est un bon exemple de ce que nous aurons à gérer dans la vie, que ce soit en termes de gestion de projets ou en termes de gestion personnelle, étant donné que nous avons dû faire face à plusieurs problèmes logistiques, à quelques soucis techniques. Nous avons dû composer avec et c’est justement cette imbrication de facteurs qui ne sont pas toujours favorables qui aide à la formation de l’individu étant donné qu’il est obligé de réagir et de faire pour le mieux. Et je pense que lors de notre vie professionnelle et personnelle nous serons amenés à vivre des situations non pas similaires mais semblables puisque la vie n’est pas faite que de choses faciles ».

Sur le plan matériel

« En fait, nous avons longtemps abandonné le système des cotisations parce que nous avons pensé que cela pouvait représenter un frein à l’adhésion au sein de l’association. Notre grande manne financière est constituée par nos sponsors, Attijari Wafa Bank et l’OCP, qui nous font confiance et nous versent des subventions pour mener à bien nos actions. D’un autre côté, c’est aussi le « Forum Horizons Maroc » qui nous procure des ressources financières et nous permet de gérer le second semestre de l’association. Mais ce support est limité et c’est vraiment le capital humain de nos membres qui permet de gérer les événements. Nous comptons aussi beaucoup sur la mission diplomatique marocaine en France, l’Ambassade et le Consulat général qui ne sont pas avares en efforts pour nous venir en aide et nous porter assistance, sur le plan des idées, de la logistique et de la communication ».

Et les  conférenciers ou hommes politiques 

« Nabila Mounib, Mohamed El Ouafa, Mohamed El Yazghi, Karim Ghellab, Driss El Yazami, Fathalla Sijilmassi, Khalid Naciri, Fouad Laroui, Hassan Aourid, Mohamed Sajid… pour ne citer que ceux-là. C’est à travers ces rencontres que la jeunesse marocaine peut faire entendre sa voix et prouver sa présence. Que ce soit au sein de l’AMGE ou d’autres associations, j’invite tous les jeunes à s’investir dans la vie associative parce que c’est une richesse incroyable ».

 


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