Maroc-France: les affaires vont reprendre de plus belle

Les secteurs privés marocain et français sont appelés à prospecter ensemble de nouveaux marchés, y co-investir et créer de la valeur ajoutée locale et des emplois, en axant leur partenariat sur leurs complémentarités et synergies, a indiqué, jeudi soir à Paris, Mohamed Bachiri, président par intérim de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Les transformations rapides et profondes que connaît l’Afrique induisent des défis et des opportunités, a affirmé M. Bachiri lors de la 4ème Rencontre économique France-Maroc, tenue en marge de la 14ème Rencontre de haut niveau entre les deux pays, co-présidée par le Chef du gouvernement Saad Dine El Otmani et le Premier ministre français, Edouard Philippe.

Il a ajouté que pour aller encore loin, « nous devons aussi nous ouvrir avec plus d’ambition, sur les nouveaux métiers d’avenir comme les énergies renouvelables, le numérique, l’intelligence artificielle, la fintech etc ».

L’environnement où les secteurs privés des deux pays évoluent aujourd’hui est marqué par des ruptures accélérées au niveau mondial et des transitions qui sont autant de défis à relever que de chances à saisir pour leurs entreprises, a-t-il expliqué, notant que la digitalisation globale introduit également des ruptures profondes dans tous les business models.

Les entreprises repensent désormais leurs implantations internationales dans des logiques de plus en plus régionales, avec des centres de production plus proches des centres de consommation et des circuits plus courts afin de mieux maîtriser leurs chaînes de valeur, a fait observer M. Bachiri. “Dans ce contexte, le Maroc et, à travers le Maroc, le continent africain, constituent assurément des zones de croissance à long terme”, a-t-il dit.

Et d’ajouter que pour consolider sa position de Hub Africain, le Maroc a mené depuis deux décennies une transformation globale qui lui a permis de consolider la stabilité de son cadre institutionnel et macroéconomique, à travers plusieurs réformes d’envergure.

Ces réformes ont permis au Royaume une maîtrise constante de l’inflation et de l’endettement ce qui a conduit à l’amélioration des classements du Maroc en matière d’Investment Grade et de « Doing Business », de réaliser un développement massif de ses infrastructures et de développer des politiques sectorielles ciblées et une politique d’émergence puis d’accélération industrielle centrées sur les « Métiers Mondiaux du Maroc », a-t-il enchaîné.
De son côté, Patrik Martin, président délégué du MEDEF (patronat français) a souligné que face à la diversification par le Maroc de ses partenaires, “A nous de faire preuve d’humilité et de nous réinventer, et de prouver à nos partenaires marocains que nous sommes des partenaires compétitifs mais aussi de qualité ».

La France et le Maroc entretiennent une « grande histoire d’amitié avant tout », a-t-il souligné, ajoutant que « cette relation si particulière se caractérise avant tout par les relations humaines profondes qui existent entre deux pays amis de longue date ».

« La France a de nombreux atouts pour continuer de réussir au Maroc et avec le Maroc », a-t-il relevé, notant que sur le continent africain où le Royaume “se place comme un hub”, les secteurs privés des deux pays peuvent “trouver le moyen d’y aller ensemble”.

“Si nous sommes en concurrence sur certains secteurs, nous pouvons aller ensemble sur d’autres”, a relevé le président délégué de Medef, faisant observer que la France et le Maroc ont encore un long chemin à faire ensemble. “Il ne tient qu’à nous de faire vivre ce partenariat”, a-t-il conclu.

La rencontre économique France-Maroc a vu la participation de plus de 300 chefs d’entreprises et d’institutions animant la relation bilatérale.

Consacrée aux communautés d’affaires des deux pays, cette rencontre vise à renforcer les ambitions de la coopération sectorielle maroco-française, à dialoguer avec les autorités publiques, à émettre des recommandations pour améliorer le climat des affaires entre les deux pays et à répondre aux défis de la formation professionnelle et de la création d’emplois, entre autres.

Ses travaux se sont déclinés en tables-rondes consacrées aux thématiques; « des coopérations ambitieuses », « formation et développement des compétences : deux défis majeurs pour les entreprises » et « le secteur privé au service du développement territorial ».

La France est le 2ème investisseur au Maroc avec une part de 17% des IDE reçus. L’Hexagone est également le deuxième client du Royaume, avec une part de 21,7%, et son deuxième fournisseur avec une part de 11,9% en 2018.

Ses exportations vers le Maroc ont rebondi de 9,1% en 2018 pour s’établir à 57,3 milliards de dirhams, l’équivalent de plus de 5 milliards d’euros.

En outre, plus de 900 entreprises françaises sont présentes au Maroc, soit à travers des filiales, ou à travers des sociétés à capitaux français. 33 parmi ces entreprises sont dans le CAC 40.

M.D. (avec MAP)


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