Marché automobile au Maroc: l’analyse de Adil Bennani (VIDEO)

S’exprimant à l’occasion du nouveau rendez-vous des Inspirations ÉCO, l’Invité des ÉCO, Adil Bennani, président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam) et DG d’Auto Nejma, livre une fine analyse du marché automobile au Maroc. Un marché qui, faute de demande, va peiner à se redresser en 2022, mais devrait s’apprécier l’année suivante pour retrouver les niveaux de 2021. 

Adil Bennani, président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam) et DG d’Auto Nejma, s’est prêté au jeu des questions/réponses, lors de son intervention au nouveau rendez-vous des Inspirations ÉCO. Avant de se pencher sur les perspectives du marché automobile, l’Invité des ÉCO a tenu à revenir sur les soubresauts de la crise sévissant sur le marché automobile marocain qui a, par la force des choses, emprunté la même trajectoire que celle prévalant à l’international. Le moins que l’on puisse dire est que 2020 a été catastrophique pour la filière, caractérisée par un effondrement en début d’année avant un rattrapage en fin d’exercice.

Après cet épisode houleux, les professionnels espéraient pouvoir compter sur 2021 pour réaliser des records de vente, mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Et pour cause, «les opérateurs n’ont effectivement pas pu recevoir les véhicules en nombre souhaité», explique Bennani. À cela, s’est ajouté la crise du tourisme, engendrée par la pandémie, qui a mis à l’arrêt complet les loueurs de voitures, dont l’activité dépend en grande partie du secteur touristique. Leur part dans les ventes automobiles neuves est estimée entre 20 et 25% des ventes globales. En dépit de cela, le marché a écoulé 175.000 unités en 2021. Si le retour des loueurs s’est fait ressentir début 2022, permettant d’entamer l’année sur une note positive, la crise en Ukraine et encore quelques tensions sur les suppliers, ont gêné la production et l’approvisionnement en véhicules, mais dans une moindre mesure que l’année dernière.

Aujourd’hui, l’analyse du marché, qui baisse de 7% à fin octobre, laisse entrevoir que la décroissance est inférieure à 1% pour les marques du top 10. «Les marques asiatiques s’en sortent mieux que les européennes, car elles ont moins de problématique de baisse de production», justifie Bennani. Ceci dit, «nous observons, au quotidien, une baisse de la demande, en termes de fréquentation des showrooms. Le marché n’est plus dans la même vigueur observée en début d’année et en fin d’année dernière», note-t-il. Et pour cause, le fléchissement de la demande se justifie par la régression du pouvoir d’achat et la poussée de l’inflation ; lesquels jouent aussi sur le prix des véhicules, et donc sur la demande. Bennani souligne que le repli du marché, durant la période du Covid, avait été en partie causé par un stock d’acheteurs qui ont repoussé leur projet d’achat. Il s’avère que ce stock s’est fait attendre en 2021.

«Cela dit, nous avions prévu, pour la période 2021-2022, une croissance importante, car 2021, à elle seule, n’a pas permis toute la reprise que nous espérions», rappelle le président de l’Aivam, en soutenant que la machine s’est enrayée en 2022 avec l’explosion de l’inflation.

«Une situation qui freine l’élan des particuliers mais aussi les opérateurs du marché, notamment les transporteurs qui ont fait une croix sur leurs investissements». De quoi pousser les importateurs-distributeurs à réduire leurs importations? Certainement pas. «Le marché fonctionne selon la demande. Tant qu’il y a des clients qui ont besoin de se mouvoir et qui acceptent vos prix, il faut être capable de les servir», affirme Bennani.

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