L’enseignement préscolaire: le socle de la réforme de notre système éducatif

Pour notre pays, qui aspire à l’émergence, et qui entend pour cela développer et améliorer son capital humain, l’enseignement préscolaire est un levier vital et incontournable, dont le développement et la promotion constituent un chantier prioritaire du ministère de l’Education Nationale, de la Formation Professionnelle, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.

Le 18 Juillet 2018 est une date historique pour notre secteur éducatif marocain.

C’est en effet à cette date précise que le préscolaire marocain aura amorcé un virage décisif, sous l’impulsion éclairée de SM Le Roi Mohammed VI, qui a donné par Lettre Royale le coup d’envoi du Programme de Généralisation d’un Enseignement Préscolaire de qualité au Maroc sous le slogan « Notre avenir n’attend pas ». Une lettre dont a donné lecture Monsieur Saaid Amzazi , Ministre de l’Education Nationale, de la Formation Professionnelle, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, et qui précisait « Pour relever le défi de la réforme du système éducatif, l’enseignement préscolaire doit revêtir un caractère obligatoire par la force du droit aussi bien pour l’Etat que pour les familles et être intégré graduellement dans le cycle de l’enseignement obligatoire dans le cadre d’une ingénierie éducative intégrée ».  

Par la suite, la promulgation de la loi-cadre 51.17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, en Août 2019, a constitué un autre tournant décisif dans le développement de notre système éducatif. Le portefeuille des projets de la mise en œuvre de cette loi, qui comprend 18 projets, repose sur trois domaines d’intervention stratégiques, dont l’équité et l’égalité des chances, dans lequel s’inscrit le projet de « la promotion de l’enseignement préscolaire et l’accélération de sa généralisation ».

Dans ce cadre, le Département de l’Education Nationale a mis en place un programme national ambitieux, dont les objectifs sont le développement et la généralisation d’un préscolaire de qualité pour les enfants âgés de 4 à 6 ans à l’horizon 2027-2028, avec une discrimination positive au profit des zones rurales et périurbaines et la coopération et l’adhésion de tous les partenaires nationaux et internationaux concernés par le développement de la petite enfance, et toute partie prenante concernée par l’enseignement préscolaire.

Par ailleurs, ce programme permettra d’améliorer la qualité du préscolaire et ce à travers :

  • La mise à niveau du préscolaire actuel notamment le préscolaire « traditionnel » ;
  • La formation initiale et continue des éducatrices et éducateurs : jusqu’à présent plus de 32000 éducatrices ont été formées conformément au cadre référentiel du préscolaire.

Un bilan très encourageant pour les deux premières années de mise en œuvre   

Partant en 2017-2018 d’un taux de préscolarisation de 49,6% pour les enfants de 4-5 ans, le ministère a pu atteindre en 2019-2020 un taux de préscolarisation de 72,5%, avec plus de 200 000 enfants supplémentaires inscrits en deux ans, plus de 4541 classes créées. Une performance qui est surtout le fruit d’une mobilisation générale dans le public, dont la part dans le secteur a grimpé à 23%, contre seulement 13% en 2018. Dans le milieu rural en particulier, le taux de préscolarisation est passé de 35,4% à 62,4% sur la même période. Une tendance à la hausse marquée notamment pour la préscolarisation des filles qui passe de 45% à 68,9%. Une telle performance a en outre nécessité la création de 10 374 classes de préscolaire supplémentaires.

Il reste désormais à veiller à perpétuer cette dynamique prometteuse, malgré le fait qu’elle se soit heurtée en cette année 2020 aux contraintes de la pandémie de Covid-19, afin d’atteindre les objectifs escomptés, à savoir 100% de préscolarisation pour les enfants de 4-5 ans d’ici 2027.

Vers l’obligation et la généralisation de l’enseignement préscolaire

Le développement d’un préscolaire de qualité, dont la fonction propédeutique pour la scolarité globale n’est plus à démontrer, doit faire l’objet d’un engagement commun de l’État et des familles. 

C’est pourquoi la loi cadre 51-17 a programmé son intégration à part entière dans l’enseignement obligatoire dès l’âge de 4 ans, et plus particulièrement dans le cycle du primaire, une fois sa généralisation accomplie.

Le Ministère a pris pour cela un certain nombre de mesures nécessaires, parmi lesquelles la mise en place de mécanismes à même d’assurer une forte implication des collectivités territoriales et des partenaires socio-économiques pour généraliser un préscolaire de qualité, ou encore l’élaboration d’un « guide pédagogique du préscolaire » dans le but d’unifier les processus tout en simplifiant la compréhension de la démarche pédagogique par les éducatrices et les éducateurs, ainsi que d’un référentiel des emplois et des compétences avec l’appui de l’Unicef. 

En déclinaison régionale, l’implication des associations de parents d’élèves dans la définition des priorités éducatives constitue également une priorité, parallèlement au suivi des projets menés dans le cadre de partenariats impliquant ces associations. 

Dans le même registre, la préparation d’une carte scolaire pour la prochaine rentrée contribuera à la mise en place de mesures à même d’assurer une présence plus équilibrée des classes du préscolaire dans nos différentes régions, en particulier dans les zones rurales et enclavées. Dans cet esprit, plusieurs conventions-cadres ont déjà été signées avec les académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF) pour améliorer le processus de création et de continuité de la gestion des nouvelles classes. 

Généralement, toute réforme et toute mise à niveau de l’école publique ne peut réussir que par l’engagement et la mobilisation collective des différents acteurs et partenaires aux niveaux régional, provincial et local. Les dispositions de la loi-cadre 51-17 a mis en avant dans son article 6 le rôle de la mobilisation sociétale dans la réalisation des objectifs liés à la réforme du système de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique et à son renouvellement permanent comme étant une priorité nationale et une responsabilité commune entre l’État, la famille, les organisations de la société civile et les acteurs économiques, sociaux, culturels et médiatiques. L’ensemble des acteurs sont donc appelés à une mobilisation collective afin de faire de l’école marocaine un modèle qui répond aux aspirations et aux attentes des citoyens.

Enfin, les exigences de qualité pédagogique de l’enseignement préscolaire étant très différentes largement de celle des autres niveaux éducatifs, il va de soi que ce secteur exige une approche différente. 

Le préscolaire de qualité auquel nous aspirons est d’abord celui qui gère au mieux cette étape sensible de la rupture de l’enfant avec sa communauté familiale, et qui prend en compte la réalité sociale, culturelle, linguistique et psychologique de cet enfant en devenir pour lui permettre de réussir son rituel initiatique d’intégration au corps social. Ces exigences prennent tout leur sens dans un pays comme le Maroc, riche de son identité plurielle aux multiples affluents linguistiques et ethniques.  

 

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