La CDG épinglée par la Cour des comptes

L’institution que préside Driss Jettou, la Cour des comptes, a disséqué au ‘’vitriol’’ la gestion de la CDG dans un rapport d’une centaine de pages publié lundi. Les magistrats de la Cour des comptes ont mis en cause les multiples dysfonctionnements et manquements qui entachent les différentes activités de la Caisse de Dépôt et de Gestion. Pour ce qui est de la gouvernance, il est reproché à la CDG dans le document, son mode de fonctionnement. La Cour des comptes appelle en ce sens à ‘’procéder à la refonte du cadre juridique et institutionnel la régissant’’, afin qu’elle se mette aux niveaux ‘’des meilleures pratiques de gouvernance d’entreprise’’.

Entre autres défaillances, la concentration des pouvoirs, la limite du processus décisionnel, l’excès en nombre de filiales et surtout une vision réductrice de la stratégie globale de l’entreprise quant à des secteurs clés. Aussi le rapport en appelle à des choix stratégiques par des objectifs exécutables selon un calendrier précis et des dispositifs d’estimation et de suivi opérationnels. Le groupe devrait en outre renforcer les mécanismes de ses filiales dont bon nombre sont en deçà des résultats escomptés. La Cour des comptes, blâme par ailleurs la CDG pour ce qui est du niveau des investissements à l’étranger, et notamment dans les bourses mondiales en dépit “d’un manque d’expérience dans le domaine” et lui reproche d’avoir engagé à ce petit jeu plus de 62% de ses fonds propres, dans des participations à l’international.

Grosso modo, la Cour recommande, de ne plus s’adonner à d’autres activités que son métier de base, notamment la conservation et la gestion des fonds d’épargne. Les magistrats ne voient guère de leur meilleur œil, les secteurs de l’hôtellerie et du tourisme, de l’immobilier et du bâtiment (logement économique et social) et l’ensemble des domaines d’activités auxquelles elle s’adonne, peu rentables au demeurant et qui ne relèvent plus des compétences de son autorité.

Bref, pour Driss Jettou et l’Institution qu’il préside, il est grand temps pour la CDG de s’accommoder avec les temps nouveaux. La recette est relativement simple, une eau de jouvence est désormais nécessaire à des fins de prospérité et d’éventuels succès.

M.J.K.

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