Durcissement à Tanger : ce qui va changer pour les entreprises

Suite à l’annonce du durcissement des restrictions sanitaires dans la ville de Tanger, le président de la CGEM-Nord explique ce qui va changer pour les entreprises de cette zone géographique.

La ville du détroit fait l’objet de durcissement du confinement. La décision a été prise dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 juillet, suite à l’apparition de nouveaux clusters épidémiologiques dans plusieurs quartiers de la ville. «Il a été décidé de durcir les restrictions de précaution et les mesures préventives et de fermer les entrées des zones cibles dans la ville», a annoncé le ministère de l’Intérieur. Ces mesures ont été encore durcies et élargies à l’ensemble de l’espace territorial de la ville, à partir du lundi 13 juillet à midi. Dans un communiqué, le ministère a précisé qu’il a également été décidé de suspendre les services de transport public, routier et ferroviaire de et vers la ville de Tanger, et de renforcer le contrôle pour inciter les citoyennes et citoyens à rester chez eux et à ne quitter leur domicile qu’en cas de nécessité extrême, ajoutant que le déplacement à l’intérieur de l’espace territorial de Tanger nécessite une autorisation exceptionnelle délivrée par les autorités locales. «Ces nouvelles mesures ne remettent pas en cause l’activité des entreprises de la région», nous affirme Adil Rais, président de la CGEM de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. En effet, suite à l’annonce du ministère de l’Intérieur, une réunion a été tenue entre les représentants de la Wilaya de Tanger et ceux de la CGEM, dimanche en soirée, pour discuter des mesures à mettre en place pour assurer au mieux la continuité de l’activité des entreprises de la région. Adil Rais affirme que «les entreprises sont tenues d’être beaucoup plus vigilantes. Il y a un certain nombre de mesures complémentaires qui doivent être prises en compte avec la nouvelle donne, surtout au niveau de la gestion des réfectoires et du transport du personnel».

Mesures supplémentaires
En plus de la réduction de moitié de la capacité des véhicules de transport des entreprises, il faut redoubler d’efforts. Il a été décidé que les bus de transport ne fassent en aucun cas fonctionner l’air conditionné, et qu’ils soient nettoyés et désinfectés fréquemment afin d’assurer la sécurité des passagers. «En ce qui concerne les réfectoires, nous sommes sur la même longueur d’ondes avec les autorités locales, qui demandent aux entreprises de réduire au minimum leur utilisation», explique Rais. Et de continuer: «c’est un lieu de contact où les personnes ne respectent pas la distanciation; il a donc été demandé aux entreprises, dans la mesure du possible, de faire tourner leurs équipes sans qu’elles aient à utiliser les cantines et réfectoires». Concernant l’industrie automobile, cette procédure est déjà mise en place. «Pour l’industrie textile, nous avons invité les opérateurs du secteur à répartir le personnel en shifts pour réduire au maximum le rassemblement des ouvriers durant les heures de pause», détaille Adil Rais dans ce sens.

Précautions
Pour ce qui est du moral des opérateurs privés de la région, Adil Rais tente de rassurer: «cette décision est un coup dur pour l’image de la ville, mais nous restons sereins. Le travail collectif entre les autorités de la ville, celles sanitaires et les entreprises est fait de façon très convenable. Nous œuvrent tous pour améliorer la situation sanitaire de la région». Par ailleurs, Rais insiste sur le fait de bannir les idées préconçues selon lesquelles les unités industrielles sont à l’origine de la propagation du virus, quand bien même elles contribuent à sa propagation. «Les usines peuvent certes faciliter la propagation du virus, alors qu’il émane de l’extérieur des unités, notamment des lieux d’habitation, des quartiers… des employés» martèle-t-il dans ce sens. En effet, l’usine peut être une source de propagation si les mesures de distanciation et d’hygiène ne sont pas prises en compte. «Au niveau de la CGEM, nous mettons tout en place pour sensibiliser les entreprises de la région, les informer et leur donner les moyens d’assurer l’application des mesures sanitaires de façon constante et continue», indique Rais.

Santé de l’activité
Pour ce qui est de l’industrie, une reprise générale est constatée depuis le mois de mai dans toutes les unités de la région, selon président de la CGEM de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceim. Le secteur du textile s’active à un rythme «très correct», les commandes étrangères ont repris, surtout de la part d’Inditex, principal client de la région, pour ravitailler ses magasins fermés durant le confinement. S’agissant de l’automobile, «les commandes ont aussi repris dans la région, puisque les constructeurs internationaux ont repris leurs activités. Il est certain que ces industries n’assurent pas à 100% leur rythme de production, mais la reprise est acceptable et va crescendo». Il faut donc être patient, puisque cette situation pandémique ne sera pas éradiquée du jour au lendemain. À noter que la région de Tanger réalise plus de 4.000 tests de dépistage par jour, ce qui représente 20% du total des tests réalisés au Maroc.

Un niveau très élevé de dépistage qui explique le nombre de cas positifs actuel. «Soyons clairs, l’objectif aujourd’hui est de réduire le nombre de cas positifs, tout en assurant une activité économique respectueuse au maximum des mesures sanitaires dictées par les autorités nationales», assure Adil Rais. En tout cas, la précaution devient impérative car toutes les configurations sont possibles. D’autres villes, notamment Casablanca, pourraient connaître le durcissement des restrictions aujourd’hui appliqué à Tanger, si la mobilisation n’est pas extrême. 

Un énième rappel intransigeant du ministère de la Santé !

Le ministère de la Santé a publié, courant la journée du lundi, un énième communiqué de presse pour rappeler aux citoyens les différentes mesures sanitaires de lutte contre la propagation de la Covid-19. En effet, suite à la hausse flagrante des cas de décès et du nombre des cas graves de contamination au coronavirus, à cause du non-respect des mesures préventives, dictées par les autorités sanitaires, le ministère souligne, à travers son communiqué, la nécessité de respecter strictement les mesures préventives, ceci à travers le port du masque, la distanciation sociale, l’hygiène des mains, le téléchargement de l’application Wiqaytna… Via son communiqué, le ministère rappelle également les mesures à suivre en cas de présentation des symptômes liés au virus.

Sanae Raqui (Source: Les Inspirations ÉCO)

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