« Music of Morocco », le projet fou de Paul Bowles (vidéo)

La bibliothèque du Congrès américain a mis récemment sur le marché le travail titanesque de l’écrivain américain Paul Bowles nommé «Music of Morocco».

A la demande du Congrès, Paul Bowles a enregistré, dans les années 50, une grande partie de la musique marocaine traditionnelle. Le Site Info vous raconte l’histoire d’une passion marocaine.

En 1931, Paul Bowles, jeune compositeur et écrivain de vingt-et-un ans, s’est rendu au Maroc à la suggestion de Gertrude Stein. C’est le coup de foudre ! Après quelques allers-retours, il a décidé de s’installer définitivement à Tanger où il a vécu de 1947 jusqu’à sa disparition en 1999.

Avec l’aide d’une subvention de la Fondation Rockefeller, Paul Bowles a voyagé dans tout le Maroc où il a réalisé une série d’enregistrements de musiques arabe, berbère, andalouse et juive, pour le compte de la bibliothèque du Congrès américain. La variété musicale marocaine l’ensorcelait.

Aujourd’hui, ces musiques ont été regroupées dans un coffret de quatre CD intitulé «Music of Morocco». Ces enregistrements nous renseignent presque autant sur la vie de Bowles que sur le Maroc d’il y a 50 ans.

Témoin à Chefchaouen

Le Maroc est riche en sons hypnotiques. Bowles, compositeur et écrivain, les a décrits avec précision. Dans sa nouvelle «Let It Come Down», il a recréé une scène dont il avait été témoin à Chefchaouen : un homme, entré en transe, se tailladait les bras avec un long sabre et se recouvrait le visage de son sang. D’après l’auteur, il dansait sur un rythme parfait soutenu par l’hystérie croissante des tambours et la voix basse de la flûte.

Pour enregistrer les musiques marocaines, Paul Bowles a voyagé à bord de sa Volkswagen Beetle, avec un grand magnétophone à bobine. Souvent, les musiciens devaient se déplacer vers des endroits pourvus d’électricité, et Bowles faisait de son mieux pour les regrouper autour de son micro pour obtenir le son qu’il désirait. Au nord du royaume, il a enregistré un orchestre andalou, leur musique ayant des liens avec l’Espagne mauresque médiévale.

Bowles n’était pas un savant destiné à étudier et à enquêter. Son travail était avant tout tissé de passion. Afin de nous faire vivre pleinement cet amour pour le Maroc et pour la culture musicale marocaine, la compilation «Music of Morocco» est assortie d’un livret de 120 pages : notes et commentaires de Bowles, remarques de l’éthnomusicologue Philip Schuyler.

Ce dernier souligne que Bowles était prêt à recourir à des méthodes surprenantes pour obtenir ce qu’il désirait. Par exemple, il rappelle avec beaucoup d’humour cet épisode où un joueur de flûte  insistait pour être accompagné d’un tambour. Bowles avait exigé qu’il joue seul, proclamant que «le gouvernement américain le voulait».

Bowles a toujours voulu enregistrer la version la plus authentique, la plus archaïque et la plus traditionnelle. «Music of Morocco» a le pouvoir de nous attirer dans l’hypnose profonde de Bowles provoquée par les diverses musiques du Maroc, terre d’Afrique du nord qu’il a choisi d’appeler «maison».

Noureddine Boughanmi et Soraya Adny

 


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