Marc Riboud photographe de « l’engagement humaniste »

Le photographe Marc Riboud, mort mardi à 93 ans, est « un bon exemple de l’engagement humaniste » en photographie, affirme la jeune historienne Clara Bouveresse qui publiera au au printemps un ouvrage de référence sur l’agence Magnum chez Flammarion.

Q: Qu’a apporté Marc Riboud à la photographie?

R : « Marc Riboud s’inscrit dans la continuité du travail de Henri Cartier-Bresson dont il fut proche toute sa vie. Il a eu une approche très dynamique de la photographie. Il restera comme un bon exemple de l’engagement humaniste, avec une vraie sensibilité d’auteur. Il a également toujours eu une haute idée du métier de photographe et de ce que peut la photographie. Il a beaucoup voyagé et il a incarné cette sensibilité d’auteur qui correspond si bien à la marque Magnum. Il fut vraiment dans l’esprit Magnum des années 1950/1960.

Q: Quelles sont les photos les plus emblématiques de Marc Riboud?

R: « La photo la plus connue restera sans doute +La jeune fille à la fleur+ (prise en octobre 1967 à Washington à l’occasion d’une manifestation contre la guerre du Vietnam, ndlr). Il y a bien sûr la photo du « Peintre de la Tour Eiffel » prise en 1953 et que tout le monde connaît. On retiendra ses photos en Chine, notamment au début de la révolution culturelle. Beaucoup de photographes suivront ses pas en Chine mais il fut véritablement le premier à s’y rendre à cette époque.

Issu d’une famille bourgeoise, n’ayant pas besoin de la photo pour vivre, il y a aussi les photos qu’il a refusé de prendre. En 1971 à la fin de la guerre du Bangladesh, il a ainsi été témoin de scènes de violences entre les vainqueurs partisans de l’indépendance et les pro-Pakistan. Contrairement à d’autres photographes sur place, il n’a pas voulu prendre de photos en estimant que la présence des photographes attisait la violence.

Q: Comment travaillait-il ces dernières années?

R: « Il n’a jamais cessé de voyager. En 2003, il a publié des photos de manifestations contre la guerre en Irak en Angleterre. On l’a vu en Turquie, en Afrique du Sud, au Japon et encore et toujours en Chine.

Un des problèmes, rencontrés par beaucoup d’autres photographes, sont que les supports pour publier des photos se sont réduits. Même s’il n’était pas dogmatique sur la couleur, Marc Riboud publiait essentiellement en noir et blanc quand on publie aujourd’hui surtout en couleurs.

(avec AFP)

 


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