Les Rencontres internationales de Fès: une expérience unique au Maroc

Pour leur troisième édition, les Rencontres internationales de Fès (Fezgathering) ont mis le continent africain à l’honneur. Entretien avec le photographe Omar Chennafi, son créateur.

Par Olivier Rachet

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Expérience unique au Maroc, les Rencontres internationales de Fès, qui se sont déroulées du 11 au 14 janvier, sont à la fois un moment de partage et de réflexion ouvert au public, réunissant artistes, intellectuels et acteurs de la société civile. Il s’agissait au départ, précise Omar Chennafi, « de combler un vide ». Contrairement aux autres villes du Royaume, la ville de Fès a souvent manqué d’infrastructures en matière artistique et culturelle. C’est après avoir animé, au sein du Goethe Institut, des formations en « Culture management training » que l’idée vient au photographe de réunir différents acteurs de la vie culturelle autour de débats, d’expositions ou de concerts.

Fès miroir du monde

Les intervenants de l’édition de l’an passé s’étaient interrogés sur « l’art en temps de crise ». En attendant de discuter, en 2019, des conséquences artistiques et culturelles des printemps arabes, l’édition 2018 se focalise toute entière sur l’Afrique et les Africains. Au programme, deux tables rondes consacrées à la question du plurilinguisme et à celle des spiritualités et de leurs transpositions artistiques (« Sufism, religion, rituals and their artistic expressions in Africa », « Language Exchange in Africa : Beyond Francophone and Anglophone »).

« On connaît des artistes égyptiens, européens mais notre connaissance de ce vaste continent qu’est l’Afrique est encore limitée » précise Omar Chennafi. Afin d’élargir notre savoir, une exposition collective regroupant 6 photographes se tiendra jusqu’au 20 janvier à l’Alif Riad, au cœur de la médina. On aura plaisir à découvrir des artistes tels que Mohamed Kadiri, Aisha Jemila Daniels ou Ishmael Claxton.

Le monde en partage

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De ces dernières rencontres de Fezgathering, Omar Chennafi — qui insiste sur les partenariats avec les différents acteurs de la vie culturelle (Goethe Institut, Institut français, Centre américain, Centre d’art Takafes…) – retient un moment fort : la soirée de partage « Slidluck, African Potluck » au cours de laquelle furent projetés les œuvres d’une trentaine d’artistes et furent partagés des plats apportés par les différents participants. Un moment de convivialité et de célébration qui constitue « une valeur ajoutée » pour la ville de Fès, selon le photographe. On ne peut souhaiter que longue vie à de telles initiatives mettant le public au cœur de la manifestation, loin des entre-soi habituels !

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