Grande rétrospective Hamidi à Casablanca

Par Olivier Rachet

Figure majeure de la modernité picturale marocaine, le peintre Mohamed Hamidi se voit consacrer une grande rétrospective de son œuvre, à partir du 5 avril.

Il est des figures incontournables de la peinture moderne marocaine. Avec Farid Belkahia, Mohamed Chebaa ou Mohamed Melehi, Mohamed Hamidi incarne ce tournant historique des années 60 au cours duquel les artistes surent s’affranchir d’une figuration postcoloniale à bout de souffle pour prendre en marche le train de l’abstraction géométrique et d’une certaine avant-garde picturale.

Professeur à l’École des Beaux-Arts de Casablanca, Hamidi participera à cet évènement fondateur de la modernité que fut l’exposition-manifeste, en 1969, sur la place Jamaa El Fna, où les artistes partirent à la rencontre du public pour insuffler un autre rythme à la peinture et dépasser les errements d’une figuration souvent synonyme de folklore et de motifs stéréotypés.

Une mémoire tatouée

Placée sous le signe d’une œuvre-phare d’Abdelkébir Khatibi, à laquelle l’exposition « Zoom sur une mémoire tatouée » emprunte son titre ; cette rétrospective permettra de retracer les différentes étapes d’un parcours artistique hors pair. Dans les années 60, le peintre approfondit « ses recherches et ses travaux sur le cubisme, la nature morte et le nu, précise le commissaire d’exposition Jacques-Antoine Gannat », de façon « fragmentée et géométrique. » On (re)découvrira des toiles étonnantes dans lesquelles une dimension érotique est toujours suggérée en creux, comme si le geste même de peindre se rattachait toujours à une pulsion de vie plus forte que tous les concepts.

Dans les années 80, à l’instar de ses contemporains, Hamidi se tourne vers le continent africain et recherche des résonances entre la modernité picturale dont il est l’un des fers de lance et des traditions ancestrales qui le font s’intéresser à l’artisanat marocain et aux arts dits premiers. Ainsi se met-il à peindre, explique Jacques-Antoine Gannat, « sur des peaux d’animaux, des signes, des totems et des symboles d’islam et d’Afrique noire. » Celui-ci s’efforce de « [décortiquer] les mythes populaires et déchiffre les légendes animistes africaines parvenant ainsi à créer de nouvelles formes esthétiques intimement liées au sacré, sans jamais dénaturer l’héritage arabo-africain qu’il a reçu. » Une œuvre à redécouvrir assurément !

Exposition « Zoom sur une mémoire tatouée » de Mohamed Hamidi, Loft Art Gallery, du 5 avril au 5 mai 2018. Vernissage jeudi 5 avril, 19h, 13 rue El Kaissi, Triangle d’Or, Casablanca.

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