Films tournés au Maroc: comment lutter contre les stéréotypes?

Au Maroc, de nombreux réalisateurs d’Hollywood ont tourné des films bibliques ou relatant des scènes de guerre: Gladiator et Blalck Hawk Down de Ridley Scott, Lawrence d’Arabie de David Lean, une partie de la série à succès Game of Thrones ainsi que des films mythiques comme La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese…

Les Marocains sont fatigués que les paysages du royaume soient utilisés comme de pâles copies d’autres pays: Somalie, Afghanistan, Arabie saoudite, Egypte, Macédoine et Tibet. Selon The Guardian, ils déclarent que les films tournés au Maroc sont beaucoup trop orientalistes et ne font que confirmer les vieux stéréotypes occidentaux de « l’oriental exotique ».

Certains professionnels du cinéma marocain sont tout aussi choqués par des scènes de ces films étrangers. La professeure Amal Idrissi a été surprise de reconnaître les paysages du Maroc dans un film supposé représenter la guerre en Irak: « Nos mosquées et demeures sont très spéciales, le Maroc n’est pas le Moyen-Orient », défend-elle. Elle ajoute: « Les cinéastes américains ne sont pas dupes au point de ne pas connaître les différences entre les deux cultures ».

Ces différences sautent aux yeux des Marocains et des Maghrébins. Les Américains n’y prêtent pas trop attention. Elle affirme qu’il est préoccupant de voir le royaume être le théâtre de scènes de guerre se déroulant dans d’autres parties du monde, surtout quand les réalisateurs ne daignent même pas supprimer la tenue vestimentaire typique de la djellaba.

Othman Naciri, cinéaste marocain, explique que les réalisateurs américains ne connaissent rien de spécial du Maroc, encore moins de ses citoyens et de leur culture. Les prix bas et attractifs ainsi que le désert et le sable sont les principales  raisons de leur décision de tournage au Maroc.

Saâd Chraïbi, réalisateur marocain reconnu à l’international, indique avec beaucoup de tristesse d’autres inconvénients, notamment la médiocre qualité artistique des images de paysages désertiques qui « laissent à désirer ».

Les Marocains n’obtiennent généralement que des rôles de terroristes arabes, de personnes maléfiques et même, au grand dam des professionnels du cinéma marocain, des actrices marocaines connues doivent se contenter de jouer les sorcières.

Ouarzazate est souvent utilisée comme la destination parfaite pour filmer des scènes de guerre, vu ses nombreux paysages désertiques et surtout la qualité de sa lumière. Ses habitants sont habitués aux tournages. Dès qu’une nouvelle équipe cinématographique s’installe dans la ville, une majorité d’entre eux se laissent pousser la barbe.

Cette caractéristique, bien qu’insolite, démontre la réalité de l’expansion du secteur du cinéma international de Ouarzazate devenu le gagne-pain de nombreuses familles originaires de la région. La barbe est un critère important pour les castings de films historiques ou traitant du terrorisme. La majorité des Marocains désirant un rôle déclarent savoir parler l’hébreu, mais la plupart ne font que prononcer quelques mots semblables à l’arabe et les dialogues du film sont loin d’être en hébreu.

Vu le nombre de films de guerre qui sont tournés dans cette région, plusieurs personnes amputées sont sollicitées. Tel est le cas de Malika, âgée de 68 ans, qui a participé à plus de 200 films depuis le début des années 70. Sa spécialité ? Elle sait pleurer sur commande. Grâce à ce don, elle gagne entre 800 et 900 dirhams, soit le double des autres acteurs qui ont du mal à jouer les scènes émotives.

Soraya Adny


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