En marge de la COP22, la photo ethnographique de Youness Miloudi

Le Théâtre Royal de Marrakech accueille, jusqu’au 18 novembre, une exposition de Youness Miloudi, intitulée « Last Tribes ». Celle-ci regroupe une série de clichés effectués, autour du monde, entre 2010 et 2016. Ingénieur de formation, photographe autodidacte, l’artiste cherche à concilier son amour des voyages avec sa passion pour le photo-reportage.

Par Olivier Rachet

Originaire de Fès, vivant actuellement à Paris, Youness Miloudi est journaliste et photographe-documentaire. Son goût de l’aventure et des voyages l’a conduit à parcourir la plupart des continents et à partir à la rencontre, toujours salutaire et enrichissante, d’autrui. Un premier séjour, en Inde, lui ouvrira les portes de différents lieux d’exposition parisien ayant accueilli son premier travail intitulé « Voyage au coeur de l’Inde ».

De la cordillère des Andes aux montagnes de l’Himalaya, en passant par l’Indonésie, l’Ethiopie ou la Tanzanie, le photographe engagé, marchant sur les pas des grands anthropologues et ethnologues que furent Claude Lévi-Strauss ou Marcel Griaule, arpente le monde à la découverte de tribus ancestrales menacées de disparition. « Voyager pour moi ce n’est pas observer les gens et les prendre en photo mais plutôt s’adapter à leurs modes de vie et se sentir des leurs. »

L’intéressent, principalement, des us et des coutumes ancrés dans des traditions séculaires de la part de peuples vivant, le plus souvent, en autarcie. Ces modes de vie, en profonde rupture avec le consumérisme et la fétichisation des marchandises qui caractérisent les sociétés des pays développés et en voie de développement, ne sont pas simplement perçus comme des survivances d’un monde disparu mais comme des contre-propositions économiques ou sociétales dont nous pourrions encore tirer profit.

Un parti pris humaniste

L’art du portrait privilégié, dans cette série, par le photographe permet d’ancrer chaque personne dans son élément socio-culturel avec lequel chacun semble vivre en osmose. Le souci documentaire peut sembler parfois relever d’une simple volonté de dépaysement dont un spectateur inattentif pourrait ne percevoir que l’aspect exotique, mais la dignité des regards nous situe davantage dans la perpétuation d’une photographie humaniste.

Le travail de Youness est réalisé avec les moyens les plus simples qui soient afin de réussir des photos proches du réel tel qu’il est vécu : « Je privilégie une lumière naturelle, explique le photographe, sans recourir à aucune technique de mise en scène, ni demander aux personnes de prendre quelque pose que ce soit. »

Soutenue par le Ministère de l’Environnement et la Fédération Nationale des Arts et de la Culture, cette exposition accompagne, avec beaucoup de pertinence, la conférence mondiale sur le climat; nous rappelant les dangers que fait peser sur la biodiversité le réchauffement climatique ainsi que la menace d’une uniformisation des modes de vie.

Si les voyages continuent de former la jeunesse et favorisent une meilleure compréhension mutuelle entre les peuples, si comme l’écrivait déjà le philosophe humaniste Montaigne : « Tout homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition », la pratique ethnographique qui est celle de Youness Miloudi de la photographie porte en elle les raisons de croire à un monde plus ouvert aux différences, plus tolérant.

Interrogé sur ses projets à venir, le photographe souhaite investir les espaces publics et exposer en grand format partout dans le monde afin de mettre en lumière ces « personnages » extraordinaires. Il exprime également son souhait de prolonger cette première exposition au Maroc et de collaborer avec des artistes locaux.

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