Documentaire: dans l’intimité d’une jeune divorcée (vidéo)

Le film documentaire de Karima Zoubir, La Femme à la caméra, primé au festival FIDADOC d’Agadir, sera projeté lundi 3 octobre au cinéma ABC. Présentation. 

Par Olivier Rachet 

L’initiative citoyenne et culturelle Casa/docks reprend du service et proposera, une fois par mois, au cinéma ABC la projection d’un film en lien avec le Maroc. Des réalisateurs marocains et étrangers seront régulièrement mis à l’honneur. Pour cette première édition, Karima Zoubir viendra présenter son documentaire consacré à Khadija, une jeune femme, divorcée et analphabète, devenue vidéaste.

C’est après avoir effectué des recherches dans des labos photos que la réalisatrice rencontre Khadija, jeune femme autodidacte, réalisatrice de mariages et de fêtes. « Khadija fait partie de ces femmes qui ont obtenu leur divorce plus facilement qu’auparavant, précise la documentariste, lorsqu’il était nécessaire d’acheter son divorce. Dans de nombreux cas, le mari abandonne sa femme et celle-ci se retrouve dans une situation où elle n’est ni mariée ni divorcée. »

Le plus difficile fut d’obtenir l’autorisation de filmer la famille de Khadija mais après de nombreuses rencontres, des liens finirent par se tisser et Karima put pénétrer dans l’intimité de sa protagoniste.

Elle ajoute : « J’ai donc rencontré la famille. C’était un vendredi et nous avons mangé un couscous. C’est là qu’intervient ma seconde chance. À ce repas étaient invitées des femmes qui logeaient dans de petites chambres sur la terrasse de la maison et étaient presque toutes « suspendues », c’est-à-dire séparées, mais non officiellement divorcées. Certaines n’avaient pas obtenu le statut de divorcées, mais vivaient seules et travaillaient à Casablanca. Elles étaient pour la plupart originaires d’autres villes marocaines. Sauf pour Bouchra, l’amie intime de Khadija – leurs fils sont du même âge – , dont la famille habite le quartier. Et ma préférence était pour Khadija et Bouchra, leur histoire de femme divorcée et leur amitié. »

Un cinéma en prise directe avec la vie

La femme à la caméra est un documentaire dont le titre est un clin d’œil au film de Dziga Vertov, le cinéaste soviétique et grand théoricien du cinéma, ayant réalisé en 1929 L’homme à la caméra, « film culte » pour Karima Zoubir qui a eu un coup de foudre pour ce cinéma d’expérimentation, en prise avec le réel. Le parcours de cette jeune documentariste est un exemple. Après avoir décroché une licence en droit privé, elle obtiendra, à l’université Hassan II de Mohammedia, une licence en audiovisuel. Puis, elle participera à de nombreux programmes de formation en écriture documentaire, avant de se lancer dans l’aventure de la réalisation.

Primé non seulement à Agadir, au festival FIDADOC des droits de l’homme, son premier documentaire a obtenu de nombreuses autres récompenses : prix Ulysse du meilleur film documentaire à Montpellier, en 2013; prix de la première œuvre du festival Jean Rouch à Paris, en 2014. Karima vient de réaliser son premier court-métrage de fiction qui vient d’être sélectionné au festival international de Dubaï. Elle salue, pour finir, l’initiative citoyenne de Casa /docks dont elle apprécie l’engagement et espère « qu’il y aura cette année plus d’audience que l’année dernière, que les cinéphiles, les étudiants et tous ceux et celles qui s’intéressent à l’art et la culture viendront nombreux pour voir ces films afin que cette initiative continue et se développe à l’image d’un cinéma d’art et essai, en France. »

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