7ème art: les producteurs boycottent le Festival national du film

Par Larbi Alaoui

“Silence, on ne tourne plus! on s’insurge!”. C’est le leitmotiv de la Chambre nationale des producteurs de films qui n’a de cesse de pointer vertement le Centre cinématographique marocain (CCM), son inamovible directeur et la politique de… “bak sahbi”.

Dans un communiqué publié par son Bureau exécutif, ladite Chambre réaffirme la nette régression du cinéma national et dénonce le clientélisme, le népotisme et “la politique de deux poids, deux mesures”, crédos iniques et anachroniques du CCM.

Le communiqué rappelle que cette situation désastreuse, où patauge la 7ème Art au Maroc, a été rapportée à plusieurs ministres. Et une récente rencontre, en janvier dernier, avait réuni une délégation de CNPF avec le chef de gouvernement.

Lors de cette audience, plusieurs propositions ont été soumises à Saâeddine El Othmani, susceptibles de sortir le secteur du cinéma au Maroc de l’ornière et du marasme où il ne cesse de s’enliser dangereusement. Parmi celles-ci, suggère la CNPF, le respect “de la réglementation en vigueur” et l’institution d’un “nouveau système de bonne gouvernance”.

Approche participative; levée des lourdeurs bureaucratiques; transparence dans le traitement des dossiers; nouvelle procédure d’invitation aux festivals internationaux et de choix dans les films y participant…. Tels sont quelques desiderata de la CNPF soumis au chef de gouvernement.

Concernant ce dernier point, nombreux sont les cinéphiles qui ont manifesté leur grand étonnement que le film de Souhail Ben Barka n’ait pas été retenu par le jury de Festival international du film de Marrakech (FIFM).Il s’agit de “Mine ramline wa nar” (De sable et de feu), fresque historique qui a remporté plusieurs Prix à l’étranger. A ce propos, le proverbe “Nul n’est prophète dans son pays”, a bon dos!

Fermons cette pénible parenthèse et revenons à nos producteurs de films! Ces derniers rappellent qu’ils ont eu également une entrevue avec le directeur du CCM, Sarim Fassi-Fihri, et une convention écrite a été paraphée par les deux parties. Sauf qu’elle est restée lettre morte et que la situation n’a pas changé d’un iota, déplore la CNPF.

De même que les demandes d’audience réitérées et adressées au ministre de la Culture, de la Jeunesse et des sports et porte-parole du gouvernement, El Hassan Abyaba, n’ont point trouvé oreille attentive, précise le communiqué du Bureau exécutif.

Cette sourde oreille des responsables du secteur du cinéma national, comme celle des responsables gouvernementaux, a eu pour conséquence une “ferme décision”  prise par la CNPF. Celle de boycotter, purement et simplement, la 21ème édition du Festival national du film (FNF) dont le coup d’envoi a eu lieu le 28 février, à Tanger.

Le communiqué précité conclut en lançant un appel “à tous les professionnels, producteurs, réalisateurs, techniciens et comédiens”. Et ce, dans l’objectif d’une “solidarité agissante” , défendant “les acquis communs du secteur”. Un appel est également adressé aux responsables gouvernements, dont El Othmani et Abyaba, afin de “veiller au respect de la réglementation en vigueur” et de faire en sorte que l’actuel directeur inamovible du CCM jette l’éponge et soit remplacé.

Clap de fin!

L.A.

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