Promesse électorale

par Mustapha Bencheikh, Directeur du Pôle langues, cultures et civilisations à l’Université Internationale de Rabat

A la veille des élections à venir et probablement d’une recomposition de la carte politique marocaine, il n’est pas inopportun d’interpeller certains partis politiques et de leur demander de clarifier leurs programmes respectifs à la lumière de notre actualité.

En quelques mots celle-ci mérite d’être scrutée au moins à partir de trois indicateurs essentiels. Où en sommes-nous aujourd’hui en ce qui concerne la construction d’une justice sociale sans laquelle aucune démocratie ne peut durablement s’établir ? Certes, le Maroc progresse et le pays fort heureusement gagne en stabilité, mais restons vigilants.

Notre université va mal, notre justice peine à se réformer, notre santé s’offre au libéralisme et les citoyens souffrent devant l’inégalité d’accès à différents services publics ou privés. Le public réclame des interventions protectrices qu’ils n’ont pas, le privé de l’argent qu’ils ne peuvent présenter.

Nos partis, et ils sont nécessaires, ne disposent pas d’une baguette magique, et personne ne leur demande l’impossible. Mais le moment est venu pour eux de nous dire ce qu’ils envisagent pour notre jeunesse en termes de formation, d’égalité face à l’emploi et surtout que justice soit rendue aux citoyens lorsque la gouvernance marque le pas.

Il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières mais de la stricte application des engagements d’un management déclaré et sitôt perverti. A-t-on suffisamment pensé à mettre sous contrôle réel certains des grands bailleurs de fonds dans notre pays ? Quel est le rôle du parlement dans cette histoire ?

Et la cours des comptes, oui elle travaille, mais elle doit élargir son champ d’investigation et la reddition des comptes doit être permanente. Le Maroc a soif de justice sociale et celle-ci ne doit pas trouver refuge dans des considérations religieuses.

Les tragiques événements que notre actualité politique chaque jour nous envoie comme des alertes doivent être analysés et sans complaisance traduits en actions politiques laïques qui encouragent les citoyens à se convaincre de l’idée que leur avenir est entre leurs mains et qu’il ne peut être que le résultat de leur travail et de leur persévérance. Pour ce faire, l’activité politique doit se jouer sur le terrain économique et social et laisser l’activité religieuse à la sphère individuelle, dans laquelle chacun exprime librement ses convictions.

Puissent nos partis politiques engager tous leurs efforts dans cette direction.

 


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