Hamid Zahir ou le sourire légendaire qui s’est éteint

Hamid Bentaher, plus connu sous le sobriquet de Zahir qu’il doit au quartier où il a grandi à Marrakech, nous a quitté dans la nuit de dimanche à lundi des suites d’une longue maladie. Cet artiste qui a anobli la chanson populaire marrakchie à travers des titres tels que ‘’Lalla Fatima, Ach dak temchi l’zine, A Marrakech a Sidi koulou fareh lik et tant d’autres’’ vivotait du temps du ‘’protectorat’’ entre la boutique de boucher de son père et les réunions festives (baptêmes, mariages…) qu’il animait.

Son envol, c’est avec l’indépendance du Maroc qu’il le connaît. Ce joueur de luth hors pair, parolier et interprète emblématique de chansons bahjaouies s’est d’abord forgé une célébrité dans sa ville natale où il était de plus en plus apprécié. En effet, accompagné de sa troupe composée de bahajaouis (Keffafas du mot kef, main) qui tapaient des mains et de choristes danseuses, il faisait fureur dans la ville ocre qui lui était toute acquise.

Les années 60 confirment son talent à tout jamais et le propulsent à contrecœur à s’exiler vers Casablanca où les studios nationaux de Aïn Chock lui sont désormais grand-ouverts, lui nourrissant ainsi une notoriété, nationale et au-delà des frontières.

Cette considération internationale, lui vaudra par ailleurs, d’avoir côtoyé des géants de la musique arabe, Oum Kalsoum, Abdel Halim Hafez ou la diva Oulaya avec laquelle il se lie d’amitié et qu’il rencontrera à chacun de ses fréquents déplacements en Tunisie où il a été décoré par Habib Bourguiba.

Son art, il l’expatriera vers l’international non seulement là où la diaspora marocaine se trouve, mais aussi et paradoxalement que cela puisse paraître, vers l’Australie et le Japon avec à chaque fois un succès fou.

Il met fin à sa carrière d’artiste au début des années 2000 handicapé en cela par une inflammation chronique du nerf sciatique qui souvent le cloue au lit. Le sourire légendaire de celui qui a fait de la ‘’dakka marrakchia’’ et de la chanson populaire marrakchie une référence, nous manquera.

Mohamed Jawad Kanabi


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