Chronique d’une vie ordinaire. Et les poubelles, c’est pour les chiens ?

Marocaine, active, engagée dans sa vie personnelle et professionnelle, Meriem pose un regard curieux, parfois étonné, sur son quotidien et celui de ses compatriotes. 

par Meriem Alaoui Rizq

Suite à ma dernière publication, qui abordait le rapport des marocains au « dehors », qu’ils contribuent à entretenir ou à dégrader, c’est selon, des proches m’ont demandé pourquoi je m’étais contentée de parler de manière si légère de notre rapport à l’espace public.

En vérité, il y a tant à en dire et en même temps j’ai l’impression qu’on ressasse souvent les mêmes anecdotes: cet homme ou cette femme, bien installé (e ) dans sa voiture à 400 patates qui ouvre la vitre et disperse au vent, dans le meilleur des cas, du papier qui aura l’amabilité de s’auto-recycler en quelques semaines ou, plus souvent, des bouteilles vides ou des sachets en plastique qui finiront recyclés en bouteille de transport de liquide vaisselle  de 2eme catégorie ou en garrot de roue de vélo.

Et, croyez-moi, ça ne sert à rien d’essayer de parlementer avec ces hommes et femmes qui s’estiment dans leur bon droit quand ils choisissent de jeter leurs déchets dehors plutôt que dans leur voiture qu’il leur coûtera entre 10 et 20 dirhams de nettoyer un samedi matin, pendant qu’ils font leur marche hebdomadaire.

Je me souviens d’un jour, où je faisais une marche en bord de mer à me remplir les poumons d’air iodé quand un homme vigoureux, qui faisait une marche active, me dépasse et jette sur le trottoir la bouteille d’eau qu’il avait jusque-là dans la main.

Ce qui m’a étonnée, c’est qu’on peut reprocher beaucoup de choses à notre corniche, mais pas son absence de poubelles, il y en a tous les 150 mètres.

Et ce gars-là, au lieu de garder sa bouteille en main entre deux poubelles, choisit de la jeter.

Évidemment, j’ai réagi et évidemment on s’est traités de tous les noms d’oiseaux imaginables.

Il a dû penser que j’outrepassais mes droits et entravais sa liberté de circulation et elle de jeter les emballages de ses produits où bon lui semblait.

Et moi, je me suis dit que mon intervention n’avait servi à pas grand-chose, sinon à m’énerver pour rien car clairement ce n’est pas ma remarque qui allait changer sa manière de faire.

Ça n’a l’air de rien mais entre nous deux, il y avait un choc civilisationnel:  le « clash »  de deux mondes qui se côtoient sans se rencontrer et qui, quand ils se parlent, ne se comprennent pas très bien

Et cette discussion où ne s’entendait pas est un reflet de ce monde un peu schizophrène dans lequel nos enfants  seront appelés à grandir : à constater de visu le fossé qui sépare ce qu’on leur inculque à la maison et ce qu’ils sont amenés à voir dehors.

A suivre.

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