Les amis, il est grand temps de nous réveiller

Par Ahmed Ghayet, auteur et fondateur de l’association «Marocains Pluriels»

Il y a urgence ! Notre société va mal ! Petit à petit, depuis quelques années, une tendance lourde se dessine dans les profondeurs de notre population.

Méfiance, défiance, rejet de l’Autre, intolérance, bigoterie (en lieu et place de spiritualité), violence… s’installent dans les esprits et dans les actes… Peu à peu, les traits de caractère les plus attachants de notre personnalité en tant que peuple, nos qualités héritées d’un riche patrimoine cèdent le pas et laissent la place à de détestables (re)sentiments.

Même notre légendaire joie de vivre disparaît, nous privant par là-même de l’un des moteurs les plus forts du vivre ensemble.
Il ne s’agit pas de célébrer une quelconque « insouciance », cela n’aurait pas de sens, mais bien plus de prendre conscience que, de reculs en retraits, de démissions en absences, nous sommes en train de devenir «autres»… Changer n’est certes pas un mal… lorsqu’il s’agit d’évoluer, or là c’est hélas de régression qu’il s’agit !

Il y a urgence, urgence à retisser du « commun », urgence à repriser, raccommoder, recoudre, retisser notre lien social qui se déchire !

Est-il encore temps ? Oui bien sûr, ou alors mettons collectivement la clé sous la porte, et attendons la banalisation de notre identité qui fera de nous un peuple orphelin de ses valeurs d’ouverture, de sa capacité à évoluer…

Si l’on considère que ce que nous devenons est ce que nous méritons, alors laissons faire et attendons que les Lumières s’éteignent les unes après les autres… Tant et tant se sont déjà obscurcies.

Si, en revanche, nous pensons que rien n’est (encore) irrémédiable, alors (ré)agissons… et vite ! Et pour cela comptons d’abord sur nous, tant il est vrai que nous ne pouvons nous fier pour cela à la plus grande partie de nos élus entièrement occupés -obnubilés- par leur nombril.

Les signes de délitement de notre tissu social sont multiples. Je n’en citerai ici que quelques-uns, ceux notamment qui mettent en scène notre jeunesse, puisque c’est bien par elle que sont visibles les vilains changements qui s’opèrent en nous.

Violence entraînant la mort lors d’un match de foot, lynchage de personnes suspectées de pratiquer une sexualité différente, tentative de brûler sur le bûcher une citoyenne soupçonnée d’actes de sorcellerie… Et j’en passe, et des pires !

Oh ! Bien sûr, nous pouvons nous rassurer à bon compte, en nous disant : «Ce sont des jeunes», comme si nous affirmions que ce ne sont QUE des jeunes !

Mais enfin, de qui ces jeunes sont-ils les enfants ? De quoi ces jeunes sont-ils le fruit ?

De nous tous, de notre éducation, de notre enseignement, de nos exemples, de nos comportements, de nos renoncements… du discours politique ambiant qui les abandonne -voire les conforte- dans leur isolement, et provoque les dérives qui en résultent, suicidaires.

Femmes et Hommes de bonne volonté, n’est-il pas temps de bouger, d’agir -plutôt que de ré-agir- ? N’est-il pas temps de proposer quelque chose -autre chose-, une voie, un chemin, des perspectives… de s’unir autour d’un projet de société fédérateur et non diviseur…

Les intellectuels, les défricheurs, les bâtisseurs, les acteurs -fabricants du Commun- existent dans notre pays et s’il faut en citer quelques-uns, alors soit : Driss El Yazami, Sanaa El Aji, Driss Khrouz, Driss Jaydane, Hind Taarji, Bouthaina Azami, Leila Ghandi, Salah El Ouadie, Naima Senhaji, Abdellah Tourabi, Narjis Rehraye, Lamia Berrada, Hicham Rouzzak, Souad Mekkaoui, Mehdi Alioua, Jalil Bennani, Majda Saber, Noureddine Lakhmari, Khouloud Kebali Sajid, Soraya Joundy, Jihane Bougrine, Yannick Soussana… et tant d’autres…

Désolé de vous interpeller ainsi, mais nous avons -collectivement- besoin de vous ! Réunissez-nous, unissez-nous, convoquez des Assises nationales, structurez-vous, structurez-nous, rallumez les Lumières, parlez-nous -mieux-, faites-nous bouger, c’est le moment ou jamais !

Peut-être ne le savent-ils pas eux-mêmes, mais ce sont tous nos jeunes qui sont en quête de sens -et de porteurs de sens- et au-delà de la jeunesse, c’est nous tous qui sommes en manque, en attente…

Provoquez le SURSAUT !


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