USFP: un congrès pour rien ou presque !

lachgar

Les militants et sympathisants Ittihadis ont beaucoup misé sur le 10e congrès de l’USFP qui s’ouvre ce week-end, mais leurs espoirs risquent de s’évaporer. Les conditions de préparation de ces assises, qui devaient être une étape de réflexion et de refondation du parti, ont en effet connu des litiges et des confrontations très graves.

Pour commencer, dix des membres du Bureau politique ont mené une fronde contre le premier secrétaire et ses soutiens au sein de la direction, leur reprochant de vouloir dévier le congrès de ses objectifs; à savoir la clarification de la ligne politique, la démocratisation de la vie interne et surtout, l’arrêt des tentatives de tripatouillage en vue de s’assurer une large assise de congressistes complètement acquis à la cause de Driss Lachgar.

De son côté, le premier secrétaire accuse ses détracteurs de vouloir geler l’action qu’il a menée pour la dynamisation des structures du parti à travers le renouvellement des élites, notamment celles des sections locales. C’est pourquoi, il a rejeté tous leurs appels à reporter le congrès à une date ultérieure, le temps de clarifier la situation. Même les sages du parti, Abdelouahed Radi, Fathallah Oualalou et d’autres figures historiques, n’ont pas pu réconcilier les protagonistes.

Et en fin de compte, seul Driss Lachgar se présente pour se succéder à lui même. Ce qui a fait dire à un militant de la première heure que c’est un congrès pour rien, d’autant plus que le document organisationnel prévoit la suppression de la Commission administrative (Parlement du parti), pour la diluer dans un conseil national élargi et à des prérogatives limitées. En outre, le premier secrétaire sera habilité à désigner le tiers des membres du Bureau politique.

Et pour mieux verrouiller l’accès à ce conseil, la commission préparatoire a exigé de tout candidat de justifier le paiement des cotisations durant les 18 derniers mois. Or, très peu de militants peuvent répondre à ce critère.

En tout cas, après la débâcle des élections législatives du 7 octobre, l’USFP s’achemine non pas vers un redressement, mais plutôt vers une autre crise. D’après Brahim Rachidi, de toute l’histoire des Ittihadis, aucun congrès ne s’est terminé dans la sérénité et ce, depuis le congrès extraordinaire de 1975. Par conséquent, il ne faudra pas s’étonner de voir une autre scission se produire comme celle que ce parti a connue lors de ses 9 précédents congrès.

T.J.

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