Zaki a dit tout haut ce que la majorité des deux peuples pense tout bas

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Par Belaid Bouimid

Badou Zaki a remporté la Coupe d’Algérie avec le Chabab Belouizdad qui a pris le meilleur sur l’Entente de Sétif 1-0 en finale, après prolongations. Il devient le premier Marocain à remporter un titre en Algérie, voire même le seul coach d’élite après la Perle Noire, Larbi Benbarek avant l’indépendance de l’Algérie.

Zaki, qui quitte le club algérien pour entraîner l’Ittihad Rhiadi de Tanger, la saison prochaine, s’offre ainsi son deuxième sacre après avoir décroché la Coupe du Trône en 1998 avec le Wydad. Badou Zaki a connu le football algérien à distance puisqu’il a été titularisé pour la première fois en équipe du Maroc, en 1979 après la débâcle lors des éliminatoires des JO, à Casablanca, contre l’Algérie.

Et la fin de la génération de Hamid Hazzaz, humilité, et qui mettra un terme à carrière internationale. il faut reconnaître que le Maroc a sombré face à la meilleure génération de tous les temps en Algérie, coachée par Mohiedine Khalef, le fils du Gharb marocain. Avec Lakhder Belloumi, les Algériens vont marquer de leur empreinte le Mondial 82, en battant l’Allemagne et en passant à côté de la qualification au deuxième tour.

Cet exploit reviendra au Maroc, une édition plus tard, avec Badou Zaki dans les bois. Et c’est ce même Zaki qui ira en finale de la CAN 2004, après avoir écarté les Fennecs, entraînés par le Cheikh Rabah Saâdane, vieux routier du football marocain et de son élite.

Mais on ne va pas faire le parcours de Badou Zaki, gardien et entraîneur. Youcef Fatès, historien du sport algérien, a écrit un livre référence sur le football et la politique en Algérie. Et dont la couverture est illustrée par une photo de remise de la Coupe d’Algérie par le Président Abdelaziz Bouteflika.

Dans un stade plein à craquer, avec les passionnés de football dont Badou Zaki s’est fait le porte-parole, en réclamant la réouverture des frontières entre les deux pays. En se présentant comme non-politique et on ne lui fera pas l’affront de le présenter comme apolitique. Mais il a osé dire tout haut ce que la majorité des deux peuples pense tout bas. Et les faits parlent d’eux-mêmes pour cibler le coupable, à travers la circulation des sportifs et des entraîneurs. Le Maroc est plus ouvert à ce propos et n’est-ce pas Abdelhak Benchikha qui a donné sa première Coupe du Trône au DHJ? Et les Ighil, Rabah Saâdane, Azzedine Ait Joudi, Mohiedine Khalef… C’est une bonne chose que Baddou Zaki, certainement très affecté et fort sollicité par l’amour du peuple algérien, s’en fasse l’ambassadeur pour dire « Baraka! ».

Et c’est ce que pense le peuple marocain, avec ses nombreuses générations de jeunes privées de la liberté de circuler et d’aller et de venir en terre algéro-marocaine… Le Maroc n’y voit aucun inconvénient, au contraire nous sommes Maghrébins et jamais aucun sportif algérien n’a eu de problème. Demandez aux entraîneurs, de Tanger au Nil, qui ferme ses frontières ? De Chehata, à Benzerti et les joueurs et entraîneurs algériens qui s’adaptent sans problème. Ils vont au souk, au hammam, aux mariages, aux fêtes, acquièrent des bien immobiliers, donnent naissance à des enfants qui deviennent Marocains d’adoption, parlent la darija locale, deviennent des supporters de clubs marocains.

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