Pourquoi Hassad peut changer le système éducatif (VIDEO)

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noureddinePar Nourr Edine

On ne connaît aucun Etat fort sans citoyens instruits comme on ne peut rêver du développement d’un pays sans une population consciente de l’effort à faire. L’école en est la pièce maîtresse.

Elle prépare les générations à affronter le progrès qui, lui, ne connaît aucun répit. Dans notre pays, si après l’indépendance, l’effort a été fait au point qu’aujourd’hui, les forces vives en sont le fruit. La population n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui et semble-t-il, le retard a vite été comblé ou au moins, les besoins satisfaits.

Que s’est-il passé ? Pourquoi notre école est-elle, à ce point, aujourd’hui, dans un état qui frise la faillite totale et entière ? Notre première erreur a été de la livrer aux visées partisanes au lieu de la soustraire à l’influence des ambitions de quelques esprits aux visions étroites et calculées. C’est d’abord, la grande escroquerie intellectuelle de ceux qui ont pensé l’arabiser juste pour rester dans le panarabisme de Nasser, aujourd’hui, mort et enterré. Avec une langue, longtemps, laissée au placard par le colonisateur, le passage du français à l’arabe fut la plus grande forfaiture commise à l’encontre de plusieurs générations.

D’une part, l’incapacité de la langue à se mettre à jour et s’adapter au monde moderne et, d’autre part, des enseignants au cursus, entièrement, dans la langue de Molière. Le désastre est tel qu’aujourd’hui, bon nombre de postulants ne maîtrisent, ni l’une, ni l’autre des deux langues. La deuxième erreur a été, comme pour le panarabisme, de vouloir, à tous les échelons, imposer une discipline qui ne sert, pourtant qu’à éduquer au lieu d’instruire. De bien avant l’école primaire et jusqu’aux portes de l’université, l’élève est contraint de s’encombrer de l’éducation islamique au point de confondre son importance avec des disciplines d’éveil et de transmission de savoirs comme les mathématiques, les sciences ou même le sport. On a voulu islamiser l’école, on s’est retrouvé avec l’un des plus forts contingents de DAESH et chaque jour, sur le sol national des cellules terroristes sont démantelées.

Heureusement, le Roi Mohammed VI, n’est pas du genre à minimiser l’importance de l’instruction dans le développement du pays et sa vision a commencé par la création du Conseil Supérieur de l’Éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS). Présidé par M. Omar Azziman dont la carrière est riche en expériences dans le domaine tant des droits de l’Homme que celui de l’éducation (président du Conseil consultatif des droits de l’homme en 2002, Responsable de la Chaire Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) pour l’enseignement, la formation et la recherche en matière des Droits de l’homme à l’Université Mohammed V depuis 1996 et le 20 août 2013, nommé président délégué du CSEFRS par le Souverain en marge du discours commémorant le 60e anniversaire de la « Révolution du Roi et du Peuple ». C’est dire, à la fois, l’orientation et la volonté royale pour adapter, réformer et mettre à jour le système éducatif, tant pour rendre l’école, à la fois citoyenne et moderne que de la soustraire aux courants idéologiques qui sont à la base de son désarroi. L’éducation nationale est un des départements avec un des plus importants budgets de la loi des Finances et pourtant on constate aujourd’hui, l’insuffisance des infrastructures, de sa répartition géographique et d’une formation pédagogique tant inadaptée qu’insuffisante. Ce qui explique, en partie, le sinistre actuel avec des classes surchargées, des enseignants peu rémunérés et un niveau de qualité qui classe le pays à la traîne des pays en voie de développement.

La vision royale s’est axée d’abord sur le fabuleux travail du CSEFRS qui a établi un diagnostic sans complaisance et suggéré une refonte du système éducatif dans son ensemble allant jusqu’à proposer des esquisses de solutions et indiquer des voies de financement pour sortir l’école de la gabegie financière et de la confusion où elle vit. La première démarche royale est de tourner le dos à l’arabe pour renouer avec le français, notamment pour les mathématiques, les sciences naturelles et les sciences physiques. Une position dictée par le pragmatisme au regard de l’impasse dans laquelle a mené l’arabisation de l’enseignement. Une stratégie dont la Tunisie a usé pour rester performante et efficace en matière d’instruction. Le deuxième signe de la volonté royale est de nommer un homme qui a fait preuve, ailleurs (notamment à l’intérieur) de sa capacité à venir à bout des problèmes souvent inextricables.

La désignation de M. Mohamed Hassad pour le département de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est un choix judicieux, pragmatique et réfléchi.

Comme l’école est l’affaire de tous, de la famille à l’école en passant par la commune et les autorités et avec toute la connaissance du terrain dont M. Hassad jouit, ainsi que de tous les rouages de la société marocaine, l’application des recommandations du CSEFRS se fera comme une lettre passée à la poste, si et seulement si, l’affaire devient commune à toutes les couches sociales, à tous les départements (Tous les ministères relèvent et ont besoin de l’école), les communes et les régions.

Objectif: faire de l’école la pierre angulaire de tout développement en insistant sur la participation des citoyens, des élus et des autorités pour voir naître, avec la régionalisation, une école qui répond aux aspirations des populations locales et surtout, relevant des impôts locaux et des participations du mécénat local (Un peu comme ce qui se fait pour les mosquées).

On pourrait même dire que si M. Hassad ne réussit pas ce challenge, il vaudrait mieux pour nous de revenir au fqih du quartier payé au quotidien comme dans le temps de nos ancêtres.

L’école est le premier défi à relever si nous voulons venir à bout des inégalités en offrant à la croissance économique une main d’œuvre de qualité et faire de l’élève un bon citoyen tolérant et respectueux de l’autre et des lois. Elle ne doit appartenir à aucun courant et se doit de rester en dehors des clivages politiques versatiles et variables selon l’époque et l’air du temps. Neutre sans toucher à l’identité comme l’a fait le Japon, 3e puissance mondiale. Une école privée ou publique avec les mêmes moyens et le même cahier de charge et, l’Etat se retirant des infrastructures et de leur entretien économisera pour la seule fonction qui lui revient: la formation des enseignants et l’adaptation des programmes au fur et à mesure des progrès et des exigences de la mondialisation.

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