Maati Monjib écrit une lettre à El Othmani pour « sauver Sylia »

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L’universitaire et historien Maati Monjib a écrit une lettre  au chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani, en vue de « sauver la vie à Sylia », icône du Hirak actuellement en prison et qui souffre selon ses proches, de dépression.

« C’est avec une grande inquiétude que je vous écris cette lettre. Je sollicite votre intervention en extrême urgence afin que l’artiste et militante démocrate, Sylia Salima Ziani, soit libérée le plus rapidement possible », écrit Maati Monjib.

« Car elle est entrée dans une grève de la faim et de soif depuis la matinée du 15 juillet. Et vous savez, en tant que médecin, qu’une soif prolongée au-delà de 24 heures, et par temps de grande chaleur, peut sérieusement menacer sa vie », ajoute l’historien. Une grève de la faim démentie par la Délégation des prisons dans un communiqué.
« Vous savez, comme moi-même et tous les citoyens et citoyennes, que Sylia est innocente de toutes les charges imaginaires pour lesquelles, elle est officiellement emprisonnée. Sylia est détenue pour un pur délit d’opinion. De fait, vous n’êtes pas sans savoir que son seul crime est qu’elle a déclaré, dans un moment de grand enthousiasme militant, devant les manifestants, « Sa Majesté le Peuple ». Jeter en prison une jeune femme, qui aime tant son pays et chante si merveilleusement la liberté, pour une telle déclaration est tout simplement ridicule », ajoute Maati Monjib.

« Si je vous écris pour cette affaire concernant les droits humains, c’est parce que je suis convaincu que vous êtes quelqu’un de profondément bon. Je ne vous le dis pas par diplomatie, mais pour la bonne cause. Non, j’en suis tout simplement sûr puisque je vous connais personnellement et je sais que vous avez un grand cœur, un cœur sensible à la détresse d’autrui. Et que c’est pour cela vous souffrez beaucoup du fait que vous présidez un gouvernement dans un régime dur et parfois impitoyable. Je suis sûr aussi que vous préféreriez renoncer à votre poste de Chef de gouvernement plutôt qu’avoir la mort d’une jeune patriote sur la conscience. Je finis cette lettre les yeux larmoyants mais avec un vrai espoir que vous ferez quelque chose pour empêcher cette tragédie qui se déroule sous les yeux de tous les Marocains », conclut l’historien.

S.L.

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